carnetdebord

Samedi 31 décembre 2005 6 31 /12 /2005 14:20

Comment vous dire ?

Vous voyez la dune du Pyla ? rien à voir.

Les dunes sont majestueuses, vierges de toutes traces (si ce n’est la piste empruntée par les touristes feignants…). Elles changent de couleur au cours de la journée et semblent tout le temps différentes. C’est magique, une expérience à vivre… Les photos parlent d’elles mêmes, laissez vous porter par la sérénité régnant dans le désert !

 

 

 

Après un coucher de soleil fabuleux et un lever de pleine lune prodigieux, nous sommes arrivés dans une oasis cachée derrière une dune (putain c’était dur). Nous y avons passé une soirée digne de l’endroit dans lequel nous étions, inoubliable, en compagnie d’Ali et d’autres nomades. Discussions et percussions étaient au rendez-vous, pour notre plus grand bonheur.

 

 

 

6h30, Christelle, très courageuse (Marie, grosse larve, qui s’assume, dit en passant), se lève et grimpe pour être au rendez vous avec le soleil. Encore un instant féerique comme vous pouvez l’imaginer ! Au loin se dessinait l’Algérie.

  

 

 

Retour à l’auberge encore émerveillés et un peu peinés (on reviendra c’est sûr ! L’alchimiste dans la poche…), après une bonne douche et un pti dej copieux, nous voici partis pour Erfoud, de nouveau sur un toit de camion pour se régaler encore plus.

Et là, tadam ! Devinez qui ? DIDIER ! On ne s’en lasse pas J, et on se quitte avec un « à bientôt » Inch’ Allah, bien sûr.

Taxi collectif direction les gorges du Todra. A notre arrivée chez un ami de Zakaria, nous sommes invités à un couscous royal, à la suite duquel nous les avons invités à notre tajine ! (Et oui, on mange toujours comme 4…).

Encore bon anniversaire Claire !

 

 

 

Samedi 17 décembre

 

 

Debout vers 9h, on marche un peu dans les gorges du Todra, au cœur desquelles une route s’est construite. C’est un large canyon dont les parois sont rouges et vertigineuses (empruntées par les fondus d’escalade). Ensuite, ballade dans la palmeraie luxuriante durant laquelle nous avons fait de nombreuses rencontres nous permettant toujours de mieux comprendre le quotidien de ses habitants. En effet, de nombreuses femmes venues en groupe à la rivière lavaient leur linge (la machine à laver est encore loin ! Le confort occidental a aussi des avantages, nous sommes des privilégiés et nous l’oublions trop souvent), d’autres jardinaient… Nous avons sillonné un long moment entre ces parcelles de terre, et avons pu également visiter nos premières kasbah en ruine (maisons faites de torchis).

Une atmosphère tranquille y régnait.

 

Nous quittons les gorges du Todra pour celles du Dadès.

La suite dans le prochain épisode, jingle ! : la la lalaaa… J

Par Christelle et Marie - Publié dans : carnetdebord
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Samedi 31 décembre 2005 6 31 /12 /2005 15:02

Sur le chemin qui mène à Dadès, encore des paysages différents s’offraient à nous, notamment des montagnes assez particulières, portant bien leur nom, les doigts de singe. Nous avons eu la chance d’assister au passage à une fête au cours de laquelle des nomades Sarahouis jouent de la musique de village en village et reçoivent différents cadeaux comme du blé, du riz et autres aliments.

Les gorges de Dadès sont très différentes du Todra : pas de palmeraie, mais des falaises assez stupéfiantes, arides, nous faisant penser un peu aux gorges du Verdon (mais là, pas de pédalo possible). Soirée musicale avec les jeunes de l’auberge, toujours autour d’un bon tajine.

Debout 8h pour une rando, dans un premier temps nous remontons le bas des gorges qui est à sec à cette période (escalade au programme), puis nous accédons sur le toit des montagnes. Panoramas sensationnels (nous sommes à cours de qualificatifs !). Le temps de boire un thé offert par une famille berbère, nous faisons un bout de chemin avec deux sœurs nomades en transit.

 

Dadès, c’est promis, on reviendra aussi !

Après un voyage en bus nous menant jusqu’à Ouarzazate, il était trop tard pour repartir vers notre prochaine escale : Aït Benhaddou. Une fois de plus, Zakaria s’avère (il s’avère que… Melon !) être une ressource relationnelle intarissable. Le gîte et le couvert nous sont offerts par Hammou et Mustapha, supporter de la Barça. Ca tombe bien, ya foot ce soir !

 

Lundi 19 décembre

 

            Visite du village d’Aït Benhaddou, dont la richesse et la notoriété se sont construites grâce à ses kasbah. D’ailleurs une vingtaine de films, dont Laurence d’Arabie et Gladiateur, y ont été tournés. Le site est inscrit au patrimoine de l’UNESCO, c’est vous dire !

Moment et endroit fantastiques, où nous avons fait notre initiation au henné.

Un couple d’espagnols charmant en lune de miel nous a conduits jusqu’à Taddert. Notre première impression du Haut Atlas fût vertigineuse et glaciale. Nous étions à 2260m d’altitude, au col de Tizi-n-Tichka, où encore une fois le Maroc nous surprend de sa diversité et de sa richesse.

Arrivée à Taddert après quelques virages nauséeux, nous faisons la rencontre d’Omar, père de notre nouvelle famille d’accueil, et de Samir, tous les deux membres de l’asso pour le développement de Taddert, partenaire de paroles d’ailleurs.

Nous quittons notre ami Zakaria après une semaine de tourisme accéléré et intense, nous le rejoindrons à Marrakech. Pour ceux qui seraient intéressés par les excellents services de ce notre ami, nous vous confions son adresse mail : zakcjm06@yahoo.fr, lui seul pourra vous faire découvrir le Maroc dans son intimité !

De là commence notre plus long que prévu séjour dans ce havre de paix…

 

A suivre… Jingle : LA LA LALAAA (on adore J)

 

 

 

Par Christelle et Marie - Publié dans : carnetdebord
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Dimanche 1 janvier 2006 7 01 /01 /2006 00:43

Salut à tous ! C’est encore nous, aujourd’hui, on est à fond !

 

 

Nous voulions terminer cette année 2005 avec vous, avant de vous souhaiter à tous une bonne année 2006 (Sana Saïda comme on dit ici).

Le compte à rebours est lancé mais nous on à une heure de retard sur vous.

Revenons à nos moutons…. On vous a laissé à Taddert, le lundi 19 décembre au soir, après avoir retrouvé nos contacts et partenaires.

Taddert est un petit village de 400 habitants ; il comporte environ 50 maisons, et se divise en 2 parties, séparées par le fleuve. Se situant dans le haut Atlas, à environ 1600m d’altitude, il est à mi chemin entre Ouarzazate et Marrakech : ce qui explique la fréquence élevée des passages de bus transportant des touristes (ou tous tristes, comme dirait Omar) qui génère une effervescence du quotidien ! Tout le monde s’affaire, certaines agitent des bouts de cartons pour attiser les braises servant à cuire les tajines, d’autres vantent les atouts de leur étalage de souvenirs, etc.

            L’accueil de la famille d’Omar fût très chaleureux et une fois de plus nous avons été intégrées très rapidement grâce à la présence de sa femme Rakia et de ses 6 enfants, tous aussi attachants les uns que les autres. Nous avons partagé des moments paisibles et intenses autour de bons repas, sous les couvertures et autour du cancun (socle en terre rempli de braises servant à cuire les tajines), unique moyen de se chauffer.  Nous avons essayé de participer aux tâches ménagères, notamment la préparation des repas enseignée par notre professeur, Rakia.

Nous avons dormis comme des bébés, emmitouflés dans nos duvet et couvertures, sur des tapis berbères tissés parles filles d’Omar.

 

 

Nous avons approfondi notre connaissance sur la culture du peuple marocain et berbère grâce à nos longues discussions avec notre nouveau « papa spirituel » Omar et notre nouvel ami Samir. Tout semble plus simple : le mariage, la famille, les enfants, la construction d’un chez soi et la religion sont des valeurs fondamentales et des piliers d’une vie solide et équilibrée. La sincérité et la sérénité de ses habitants fait de Taddert un havre de paix inoubliable dans lequel nous reviendrons, c’est sûr (j’ai promis !) et espérons pouvoir recréer un « nid douillet » fidèle à son image une fois rentrées…

L’association de développement pour le village de Taddert, dont Omar est le secrétaire et qui est composée de 240 membres (devinez qui sont les deux dernier(e)s ? hé hé…) respire l’enthousiasme et la détermination de mener à bien différents projets de développement local, axés essentiellement sur le devenir des enfants et des femmes. Nous sommes restées admiratives face à leur créativité et leur potentialité, mobilisant l’ensemble du village. La solidarité, leur sincérité et le partage sont les clés de la réussite. Bonne chance et bonne continuation à vous !

 

 

             Mercredi 21 décembre, sont arrivés des membres d’une association toulousaine jumelée à celle de Taddert, logeant également chez Omar, et avec qui nous avons passé la fin de la semaine. Une atmosphère joviale et gaie régnait dans notre maison d’accueil.

Les journées sont passées mais ne se ressemblaient pas, elles étaient tranquilles, et nos soirées furent animées par des jeux (Ronda, bataille corse, boum, etc. ) et des blagues (Lahcen est intarissable !).

Lors d’une randonnée, accompagnées d’Omar et de nos amis toulousains, nous avons pu apprécier la beauté des lieux : montagnes impressionnantes, cultures en terrasse, village berbère isolé se fondant dans le décors… nous ont permis d’entrevoir un nouveau trésor du Maroc : le haut Atlas.

Le seul hic, vous vous en doutez, Christelle se les ai grave pelées !

 

 

Côté projet, nous avons rencontré Chto, la maman d’Omar, avec qui nous avons partagé des moments de complicité, sans pour autant parler la même langue. Elle fût très contente du panneau que nous lui avons remis, elle vous remercie et vous embrasse très fort les filles !

Nous avons pu animer une exposition grâce à Samir et la présence de nombreux enfants du village. Ce fût un moment de débat et de discussion où les questions restaient cependant timides de leur part, mais côté chants, ils sont au point, on vous rassure ! « Debout les gars, réveillez vous, il va falloir en mettre un coup… » est la devise actuelle du village.

 

 

Côté hammam : encore des moments insolites et chaleureux, de partage et d’échange culturel avec les femmes du village. On a été badigeonnées de savon noir et astiquées comme jamais, mais en échange de bons et loyaux services, Marie a elle aussi astiquée Rakia, ses bras s’en souviennent encore (Claude et grasdu, no comment svp).

 

 

Noël fût célébré dignement et gaiement, version sans dinde mais plutôt tajine et tarte Tatin (on change pas une équipe qui gagne !).

Vous nous avez tous manqués lors de cet instant clé, mais nous avons quand bien même apprécié d’être loin de l’effervescence mercantile générée par cette fête…

 

 

Sur la fin du séjour est arrivée une famille française très sympathique également. Par leur invitation, nous avons pu goûté à la fameuse pastilla marocaine préparée par Rakia, Amina et Lola, et à une poule au pot version espagnole. Un régal. Soirée chaleureuse où la présence de tous fût appréciée.

 

 

Le départ fût retardé à plusieurs reprise tant il nous était difficile de quitter tout le monde… C’est quasiment les larmes aux yeux que nous sommes montées dans le bus le mercredi 28 décembre, vers 9h, mais nos retrouvailles avec Zakaria à Marrakech nous a réchauffé le cœur….

                    

Suite dans le prochain épisode, en attendant, que le champagne coule à flot,

BONNE ANNEE A TOUS ! On vous souhaite tout le bonheur du monde, et on vous aime !

 "Nous souhaitons la bonne année à tous les peuples du monde et que la paix soit présente partout"

C & M

   

 

 

Par Christelle et Marie - Publié dans : carnetdebord
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Mercredi 4 janvier 2006 3 04 /01 /2006 13:22

Salut à tous!

            Dernier message en provenance du Maroc... Demain la Mauritanie nous ouvre ses portes (si tout va bien!)

On espère que vous allez tous bien et que vous avez récupéré des abus -- sans doute alcoolisés pour certains -- du premier de l'an... Nous tout va toujours très bien, un peu fatiguées, on va vous expliquer pourquoi.

Mais d'abord, reprenons où on s'est quittés.

 

Mercredi 28 décembre, Marrakech, 11h

            Nous retrouvons Zakaria après 2 magnifiques heures de bus au cours desquelles une fois de plus des vallées ahurissantes s'offraient à nous, le rouge des montagnes et le vert des forêts détonnaient sur un fond de ciel bleu.

Marrakech, à quelques jours du réveillon, en pleine effervescence, était franchement déconcertante pour nous, petites berbères des montagnes!

            La place Djemaa el fna, fidèle à elle même, constituait une des plus belles scènes en plein air du Maroc, il s'y trouve à boire et à manger dans tous les sens du terme: jus de fruits frais, grillades et poisons, mais aussi charmeurs de serpents, conteurs d'histoire, acrobates, danseurs et musiciens et des jeux style la pêche aux canards, version bouteille de coca et fanta. Elle est le point névralgique des petites rues de la médina menant aux souks célèbres de Marrakech: tout se vend, tout s'achète, tout se négocie. Les ruelles ressemblent à un arc en ciel en permanence, accompagné d'un brouhaha continu. Nous logions dans l'appartement d'une amie de Zakaria, partie pour l'Italie, situé à deux pas de la place. Un endroit de rêve dans le quel nous avons passé 5 jours. Les petits déjeuners sur sa terrasse ensoleillée furent un vrai délice, surtout après le froid de Taddert!

            Nous n'avons pu nous empêcher dès le premier soir, en tant que petites européennes, d'assister à une séance de ciné... Harry Potter... Toujours aussi reposant.

            Les jours suivants passèrent tranquillement, on s'est laissés enivrer de l'atmosphère vivante de Marrakech pour acquérir quelques derniers souvenirs. Notre talent de marchandage reste à perfectionner, ça tombe bien, on a le temps...

            Nous avons aussi retrouvé notre ami Lahcen, qui nous à convié et présenté à toute sa famille. Un tajine au poisson excellent et des pâtisseries marocaines aux goûts inoubliables furent un réel plaisir.

 

            Le premier de l'an, fêté avec nos amis, s'est déroulé dans l'hôtel Tazi (un des rares endroits dans la médina où l'on peut boire de l'alcool). Après quelques bières, nos corps se sont déchaînés (ils m'ont obligées!) sur de la musique traditionnelle marocaine que jouait un groupe. C'était très rigolo (non, pas Marie qui danse, non) de réaliser que nous étions à Marrakech pour entamer cette nouvelle année. Nous avons pensé fort à vous et essayé d'imaginer quel était votre réveillon, certainement différent du notre mais tout aussi chouette sans aucun doute!

 

            Après une petite nuit et un dernier pti dej ensoleillé accompagné de nos crêpes préférées, le moment du départ approchait...

C'est à 15h que nous avons pris le bus en direction de Dakhla, notre dernière étape du Maroc avant le passage en Mauritanie. 

Zakaria tu nous manques déjà! Bonne continuation et bonne chance pour tous tes projets à venir! Encore un grand merci pour tout, et surtout de nous avoir accompagnées et supportées durant ce périple marocain.

 

            26 heures de bus, donc. Voilà la raison de notre fatigue! Nos fesses nous détestent (c'est réciproque) et nous laissent penser qu'a notre retour, il faut se mettre au step (plus ou moins, hein).

Malgré quelques nausées et peu de sommeil, les paysages nous ont enthousiasmés au début puis lassés à la fin... Désert de rocaille à perte de vue, des contrôles incessants de nos passeports, 4 thés et 4 cafés ont fini de nous achever.

 

            Nous partons sans doute demain, en compagnie d'un couple assez original (lui italien, elle russe: prochain voyage Benoît, on va chez l'habitant à Moscou, reprends tes cours russe) et sympathique, avec un chauffeur mauritanien en direction de Nouadhibou. Mais rien n'est sûr, comme toujours, on vous racontera tout ça dans le prochain épisode!

 

On espère que vous avez eu autant de plaisir à partager notre voyage au Maroc que nous à le vivre, et que nous avons réussi notre pari de vous faire visiter à votre tour prochainement ce magnifique pays qui n'a cessé de nous surprendre tant dans la diversité et la richesse de son environnement que dans la richesse humaine et le coeur sincère de ses habitants.

Un grand merci encore à vous tous qui nous avez ouvert votre porte avec spontanéité et bonté! Tous ces moments partagés resteront gravés dans nos coeurs. A bientôt Inch'Allah au Maroc ou en France on espère!

Et également merci à toutes nos rencontres fortuites, avec vous autres voyageurs, la route était belle et agréable. A bientôt Inch'Allah en France ou dans d'autres contrées!

Vous êtes tous les bienvenus chez nous! Surtout n'hésitez pas!

 

On vous embrasse tous très très fort, on vous souhaite toujours tout le bonheur du monde, mais cette fois ci pour l'année 2006!

On vous aime!

 

C & M

 

PS: toujours un problème avec les albums photo, on s'en occupe dès que possible!

 

Par Christelle et Marie - Publié dans : carnetdebord
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Lundi 23 janvier 2006 1 23 /01 /2006 16:13

Salut à tous,

On espère que vous êtes tous en pleine forme et que vous n êtes pas transis de froid… Nous on a retrouvé un peu de chaleur en arrivant en Mauritanie, fini le froid du Maroc !

 

Mardi 3 janvier, 9h

 

Après différentes recherches pour savoir comment quitter le Maroc nous avons trouvé une solution : nous avions rendez vous avec Mohammed, présumé chauffeur de taxi, avec qui nous devions partir tous les 4 (nous deux et le couple italo-russe : Paolo et Galina). Tout semblait simple, mais tout est devenu compliqué au moment du rendez vous : Le prix n’était plus le même, le taxi et le chauffeur non plus… Bref nous sommes quand même partis tous ensembles à la gare routière de Dakhla sur les indications de Mohammed.

Une heure plus tard nous étions casés dans un camion mercedès qui était loin d’être de première main, en compagnie de 2 femmes et 3 hommes mauritaniens, un japonais, et notre chauffeur, qui s’appelait également Mohammed.

Nous avons roulé durant 10 heures de Dakhla à Nouadhibou, dans une atmosphère détendue et chaleureuse. Dès notre départ notre premier thé mauritanien nous fût servi à notre grande surprise dans le camion : tout est prévu, butagaz et nécessaire pour le thé sont les indispensables d’un voyage pour les mauritaniens.

Après de multiples arrêts aux frontières, et aux nombreux postes de police échelonnés sur la route, nous arrivions à Nouadhibou à 21h, mortes de faim et de fatigue. Nous avons été accueillies à bras ouverts par Cissé et sa femme Néné, dans leur grande maison au cœur de la ville.

Après une nuit de repos bien méritée, accompagnées de Cissé, nous avons visité le centre de développement communautaire, géré par la mairie de Nouadhibou et la coopération espagnole. Cissé et ses collègues de travail nous ont expliqué toutes les actions menées par le centre, dont un projet en cours (Hay Madrid) particulièrement intéressant : nous avons été accompagnées sur le site par Sidi, membre du projet, et nous avons découvert le pôle de Hay Madrid. C’est un centre de développement situé dans un quartier difficile de Nouadhibou, qui accompagne une soixantaine de femmes pour améliorer leurs conditions de vie. Les professionnels se placent en tant qu’accompagnateurs pour permettre à ce groupe de femme d’être autonome à la fin du projet, prévue pour cette année. Leur philosophie et leur politique d’action font d’eux une équipe enthousiaste et très respectueuse des personnes avec qui elles travaillent. Encore un grand bravo à vous tous, Hay Madrid, et bonne continuation pour a suite !

Ces rencontres n’ont fait que renforcer notre envie de travailler sur des projets dits communautaires.

            Jeudi soir nous avons fit la rencontre d’Oumar, directeur du projet et d’une association ADID qui mène des actions de prévention dans le cadre de la lutte contre le VIH. Une fois de plus nous avons été accueillies à bras ouvert au siège de ADID : de longues conversations très enrichissantes accompagnées de multiples thés nous ont permis de nous intégrer rapidement à la culture mauritanienne. Leur hospitalité est une de leur valeur fondamentale, parmi tant d’autres ! Merci à tous, en espérant vous revoir prochainement Inch’Allah.

 

Samedi 7 janvier, 18h

 

Sidi nous accompagne jusqu’à la gare, pour que nous puissions prendre le train le plus long du monde nous menant à Choûm. Une gare unique en son genre, simplement composée d’un petit abris dans lequel des commerçants vendent de quoi se rassasier pendant le voyage. Pas de hall ni de haut parleurs, mais juste du sable sur lequel tous les passagers, nous compris, attendaient le train. Il y avait foule car nous étions à trois jours de la fête du mouton. Départ prévu initialement à 15h, ce fût à 20h que le train arriva. Grosse bousculade après la léthargie de l’attente, tout le monde fonce vers les deux seuls wagons (sur une centaine) qui peuvent prendre des voyageurs. Tous les accès sont possibles (portes, fenêtres), à n’en pas croire ses yeux ! Avec beaucoup de mal nous avons enfin réussi à monter et à trouver une place minuscule pour les 10h à venir…

Le trajet fut globalement pénible, faute de place, de lumière, de confort etc. mais tellement inhabituel (le train comme vous ne l’avez jamais vécu !) qu’il en restera inoubliable.

Arrivées peu après le lever du soleil à Choûm, nous prenons un taxi brousse vers 9h  pour rejoindre Atar. A 16 dans un 4x4 Land Rover, 100 km/h sur les pistes, Accrochez vous, émotions garanties (surtout pour Christelle !).

Direction l’aéroport où nous devions récupérer 2 amis : Aurélien et Cécile, venus partager 3 semaine de séjour en Mauritanie avec nous.

L’ambiance à l’aéroport semblait assez tendue… Nous comprenons vite que l’avion aura un jour de retard. Accueillies chez un ami de Djibrill, Sidi, nous avons pu nous reposer de notre fameuse nuit ferroviaire. Une fois de plus l’hospitalité mauritanienne nous à été offerte et tous nos petits problèmes semblaient se résoudrent avec une grande facilité avec Sidi, notre bienfaiteur J

 

Marie va fumer une cigarette, on reviens tout à l’heure ^^

Bisou !

Par Christelle et Marie - Publié dans : carnetdebord
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Samedi 4 février 2006 6 04 /02 /2006 18:11

Un album complet sur la fin du Maroc vient de paraître : Dunes, gorges, Taddert & Marrakech.

Désolées pour le désordre, on a des problèmes d'album photo...
Bises à tous, bonne visite et à bientôt, là on est parties pour écrire à fond!

Par Christelle et Marie - Publié dans : carnetdebord
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Samedi 4 février 2006 6 04 /02 /2006 20:13

 

Bonjour à tous !

La cigarette de Marie fût plus longue que prévu… En effet peu de temps nous à été accordé pour aller sur Internet ou alors une fois de plus pas de connexion au moment où nous l’aurions souhaité.

On espère que vous allez tous bien, nous ça roule ! Avec une chaleur parfois un peu trop forte à notre goût, mais ne râlons pas trop car nous avons eu écho que là haut il fait très froid J

Reprenons.

 

 

Lundi 09 janvier, debout 6h pour accueillir Aurélien et Cécile à 7h à l’aéroport d’Atar. Bien sur, l’avion avait du retard. Cela dit les heures d’attente ne sont jamais ennuyeuses mais plutôt propices à des rencontres aussi riches qu’originales (un conteur mauritanien, des guides, un convoyeur de voitures etc.).

10 h enfin les voici les voilà, tout aussi excités que nous à l’idée de se retrouver et d’être enfin arrivés en Mauritanie. Faute de collier de fleur (petit clin d’œil aux mahorais), c’est avec un chèche bleu indigo (en hassania, arabe dialectal le plus parlé : haouli : turban porté par les hommes du désert pour se protéger du vent, du sable, du soleil, etc.) que nous les avons accueillis.

Après un pti dej copieux et riche en échange de nouvelles, nous voilà partis tous les quatre pour un circuit de 10 jours à travers la région de l’Adrar (= montagne en berbère), dont Atar est la capitale.

La région de l’Adrar est une des régions les plus visitée de Mauritanie, tant pour la diversité de ses paysages que pour sa richesse culturelle, historique et préhistorique. Elle se situe au nord-est de la Mauritanie et est constituée principalement de plateaux rocheux, d’oueds au sable blanc et ocre, de canyons abrupts et  de palmeraies verdoyantes. Quel programme en perspective !

Accompagnés de Boha, le chauffeur du 4x4, et de Mohammed, le cuisinier, nous sommes donc partis vers midi en direction de Terjit, une des premières oasis que nous allions visiter. A 5 dans un 4x4, un peu serrés mais heureux d’être là (comme dirait Benabar), nous savourions déjà la musique mauritanienne, que nous écouterons pendant 10 jours (mais ça, nous ne le savions pas…) : 2 petites enceintes fixées à l’arrière, à bonne hauteur de nos oreilles, nous ont fait apprécier de manière intense chaque note de musique. Bref, on a failli craquer à plusieurs reprises et avons imaginé différents stratagèmes de sabotage : ce fût un échec, on est condamnés à conserver dans un coin de notre tête une mélodie mauritanienne inoubliable.

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Après 2h de traversée d’une zone désertique et rocailleuse nous atteignons Terjit, une oasis de fraîcheur fidèle à ce dont on peut en attendre : perdue au milieu de rien et débordante de verdure. La source qui la traverse et l’eau qui s’écoule des plateaux permettent d’entretenir la palmeraie et de fournir les habitants en eau, à tel point qu’ils y ont même installé une piscine !Personne n’était chaud pour un plouf, il faisait bon mais pas assez.

Premier pique-nique passé aux pieds d’une petite dune dans laquelle nous nous sommes vautrés tels des gamins dans la neige, nous avons aussi rencontré nos premiers « boutiquiers ». Comme nous le disions, la région est assez touristique : à l’arrivée d’un 4x4 de touristes, aussitôt des marchands ambulants pointent le bout de leur nez.

Les yeux collés aux vitres nous admirons un des nombreux paysage désertique : des grands massifs tabulaires nous dominaient et petit à petit les dunes se faisaient de plus en plus grandes. Le soir venu nous nous installons pour notre premier bivouac, au pied des grandes dunes d’Azoueiga. Tout le monde participa à l’installation de la grande tente traditionnelle mauritanienne, la khaïma, sous laquelle Mohammed pourra cuisiner et nous, déguster ses bons plats.

Tout le monde s’occupe : mission chercher du bois pour faire du feu, mission planter les tentes en évitant les épines d’acacia et le vent, mission faire la vidange du 4x4 dans le sable (…), mission thé (Marie et Aurélien sont devenus des dieux, il est vrai qu’en Mauritanie le thé est une véritable institution, il se boit par 3 et ce plusieurs fois par jour. La tradition dit que le premier est amer comme la vie, le second doux comme l’amour et le troisième suave comme la mort, c’est vous dire !), mission épluchage de légumes à tour de rôle ; etc. Toute une petite organisation qui deviendra rituelle au fil des jours (sauf la vidange, faut pas déconner).

Pas de coucher de soleil pour cette fois, mais demain, c’est sûr, on se lève avant lui.

Premier repas succulent et copieux par dessus le marché, comme tous ceux qui lui succéderont.

 

 

Mardi 10 janvier

Comme promis nous nous levons presque tous (Cécile s’en fout, après tout le soleil se lève tous les jours…) avant l’aube. Courage en main nous grimpons la grande dune et là, petite déception, le soleil se lève mais reste invisible, derrière les dunes et ensuite derrière les nuages.

Qu’à cela ne tienne, une fois le campement plié on trace la route vers de nouveaux horizons.

Nous traversons à nouveau des paysages insolites dans lesquels nous nous sentons tout petits : Théodore Monod illustre certainement mieux que nous cette région spectaculaire : « l’Adrar, pays déshérité, vie très rude… Ici , nous ne sommes que des hôtes, sans la moindre voix au chapitre, ignorés avec une sereine indifférence, ou provisoirement tolérés ; ici, ce n’est pas en notre honneur que fonctionne les machines et nous n’y sommes guère le centre du monde ; il est bon, parfois, de se l’entendre répéter par quelques coins de nature sauvage, vierge, et qui ne ment pas ». (Petit coucou à Fabienne et à toute l’équipe, merci encore pour le livre !)

Durant les heures de notre trajet, nous croisons très peu de gens, et le peu que nous croisions nous surprenait à chaque fois, tant nous nous demandions d’où pouvaient-ils venir ? Par contre nos rencontres avec les dromadaires sont très fréquentes. A chaque fois un pur moment d’extase, surtout pour Cécile au début. D’ailleurs ici on ne les appelle pas des dromadaires mais des chameaux ou les « vaisseaux du désert ». Ils sont au nombre d’environ un million en Mauritanie et sont indispensables aux nomades du désert pour le transport dans leur quotidien, pour leur chair, pour leur peau, et pour leur lait (avec lequel ils font une délicieuse boisson, le zrig, dont nous nous sommes régalés à plusieurs reprises).

Le midi (qui durait 4h ou plus…) nous nous sommes arrêtés près d’un petit village, le Gleitat, abandonné provisoirement à cette saison ; ses habitants y reviennent à la récolte des dattes, la guetna (en règle générale juillet – août).

Le soir venu nous sommes arrivés à un endroit encore extraordinaire : la passe de Tifoujar. Pour les accrocs du Dakar, souvenez vous, il  y est passé cette année (juste avant nous heureusement). Le truc le plus extraordinaire c’est qu’il a plu… Dans le désert, pas mal quand même !

Malgré cet insignifiant détail c’est un endroit majestueux qui, de part et d’autre de l’oued le traversant, se dresse une grande dune de sable et de l’autre côté un massif de roches. Vers 2h du mat, grosse panique, petite tempête de vent mais suffisamment forte pour que nous quittions nos tentes à la va vite et regagnions la grande tente mauritanienne, qui elle était bien ancrée au sol !

 

 

Les jours qui suivirent ont été alternés de visites de petits villages, d’oasis, de jardins surprenants de part leur emplacement (ils sont équipés d’un système d’irrigation qui leur permet de voir pousser des carottes, des navets, des betteraves, des choux et surtout de la menthe !). Nos trajets en voiture étaient interrompus par les prises de photo ou par les réapprovisionnement en eau grâce aux puits.

Les couchers de soleil toujours différents d’un soir à l’autre se succédèrent également : point de vue sublime de la montagne Zarga, où pendant quelques instants nous nous sentions les rois du monde. Le rythme de la journée était tranquille et bien rodé au bout de quelques jours.

 

 

Vendredi 13 janvier

Nous arrivons à Chinguetti, la 7ème ville sainte de l’Islam, classée par l’UNESCO. L’ancienne ville est en pierres et est menacée, comme sa précédente, par l’avancée inexorable du sable du désert. Nous avons pu visiter une bibliothèque contenant des manuscrits de plusieurs siècles, dont son propriétaire, Zeif, est un puit de connaissance sans fond. Comme il est marquée sur la devanture de sa bibliothèque, « la connaissance est une fortune qui n’appauvrit pas celui qui en offre ».

Nous décidons depuis Chinguetti d’accéder à des endroits encore plus vierges où les 4x4 même ne peuvent pas passer : les étendues du désert du Sahara occidental, pour une petite virée de 2 jours en chameau (dromadaire, pour ceux qui n’ont pas suivi). On vous laisse imaginer la suite jusqu’à demain, car nous sommes en retard pour la prière et le repas qui nous attend ^^

 

 

Bisou à tous, et toujours la même devise, on vous souhaite « tout le bonheur du monde » !

 

 

C & M

 

Par Christelle et Marie - Publié dans : carnetdebord
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Lundi 6 février 2006 1 06 /02 /2006 11:40

Bonjour à tous !

 En espérant que vous passez le cap du froid sans trop de difficultés, on vous écrit aujourd’hui en direct d’Ouro sogui, petite ville au nord est du Sénégal, située près du fleuve le Sénégal. Tout va toujours bien, on commence à avoir très chaud (et Marie en souffre). On espère pouvoir mettre à jour nos aventures concernant la Mauritanie pour enfin ne plus être en différé avec vous ! Inch’Allah… C’est donc reparti…

 

 

Samedi 14 janvier

Après notre rituel habituel (levé vers 8h, pti dej et ce qui suit pour les chanceux (n’est ce pas Cécile ?), pliage de tente, chargement du 4x4 et amarrage de nos sac, un coup sur le toit et c’est parti !), le chamelier Mohammed accompagné, bien sûr, de ses trois chameaux, nous attendait. Après avoir fait un nouveau chargement, mais là, sur les  chameaux (pauvre d’eux), Christelle, Cécile et Aurélien partent en méharée (=caravane) pour rejoindre une oasis située dans les dunes de Chinguetti. Pendant ce temps Marie compte bien ne rien faire, et c’est ce qu’elle fit, ou presque, puisqu’elle fût invitée à maintes reprises pour boire le thé, ce qui prend bien une heure chaque fois et qui rempli une journée sans que l’on s’en rende compte.... C’est lors d’une de ces invitations qu’il lui fût offert très gentiment des bracelets mauritaniens typiques et surtout un voile (…voir plus bas…).

            Là encore la Mauritanie nous offre un spectacle magique : les dunes se succèdent les unes aux autres mais à la différence du désert du Maroc, la végétation y est beaucoup plus présente. Des acacias dispersés contrastent de manière radicale et surprenante avec le sable ocre du désert. Une fois de plus, le peu de rencontres effectuées durant ces deux jours nous a permis « de découvrir en toute liberté une nature exceptionnelle et pas encore habillée par l’homme ». Le désert permet de redécouvrir des plaisirs oubliés et simples qui nous sont parfois volés à notre insu par l’effervescence tourbillonnante de notre quotidien (pour ceux qui en ont^^). Pas de panneaux publicitaires polluant l’environnement, pas de sonnerie de portable, pas de klaxons, pas de pollution sonore, même pas celle d’un avion, pas d’atmosphère polluée, pas de stress, le bonheur quoi ! On vous conseille d’essayer c’est une expérience inoubliable, et « l’expérience fait la différence » (cherchez la photo qui s'y rapporte et vous comprendrez!) 

Après plusieurs heures de marche et de temps en temps de chameau (pas si inconfortable que ça, sauf pour Aurélien, qui s’en souvient encore) nous atteignons l’oasis près de laquelle nous installons notre campement. Une nuit douce et étoilée de repos bien mérité fût appréciée de tous. Lors d’une petite promenade digestive avec Cécile, des bruits de tambour nous ont laissé supposé qu’il y avait une petite fête près d’ici. Heureusement, la pleine lune était avec nous sinon, je pense que nous chercherions encore le campement. Au petit matin, même rituel, prêts à partir pour rejoindre Marie à Chinguetti. La journée fût très agréable malgré le vent décidé à ralentir notre marche. Pendant un instant, nous nous sommes mis à la place de nomades affrontant une tempête de sable (à une échelle différente bien sûr) et comprenons à quel point la vie qui semble idyllique dans le désert peut être très rude.

            Vers 18h, retrouvailles avec Marinette parée de son voile orange saumon (=melehfa : voile féminin, tenue traditionnelle des femmes) ; d’ailleurs toutes nos excuses auprès des hommes mauritaniens, pour qui nous n’avons pas présenté leur tenue traditionnelle : le draa, sorte de grand boubou bleu ou blanc orné ou non de broderie, sous lequel ils portent un sarouel de la même couleur tenu par une grande ceinture en cuir qui dépasse du boubou. C’est très joli et cela change tellement de notre tenue vestimentaire !

            Les trois derniers jours de notre ballade dans l’Adrar furent toutes aussi riches : oasis de Tenachert, visite de la ville de Ouadâne (ancienne ville fondée en 1141 toute en pierres et en partie en ruines qui connut une période de rayonnement spirituel intense grâce au commerce trans-saharien) dans laquelle il fût agréable de sillonner à travers toutes ses ruelles, visite de Guelb Er Richat (forme de volcan « avorté » selon les experts scientifiques, la nature nous démontre une fois de plus sa puissance) et retour par la passe d’Amogjar : endroit féerique constitué de hauts plateaux tabulaires séparés par un canyon très abrupte (selon Cécile, elle ressemble étrangement au grand canyon) dans lequel se trouve le fort Saganne (lieu de tournage du célèbre film). Ce fût également l’occasion d’admirer des peintures rupestres datant d’environ 4 ou 5000 ans. Le retour sur Atar signait la fin de notre périple dans l’Adrar et donc notre retour à la civilisation… Mais c’est sûr, nous y reviendrons, tant pour ses paysages que pour ses habitants, qui furent d’une hospitalité et d’une affabilité qui n’est plus à démontrer.

A bientôt l’Adrar, et à nous Nouakchott (prononcé à la Christelle, Nouakchokktt ou pire) !

Accueillis à bras ouverts une fois de plus par notre bienfaiteur Sidi, il nous amena dès le lendemain, jeudi 19 janvier, à la capitale de la Mauritanie.

 

 

Des paysages désertiques défilaient à 120 km/h avec Sidi sur les deux premières heures du trajet tandis que les deux dernières à 100 km/h avec Aurélien qui pris le volant. A sa grande surprise, un chameau camouflé lui coupa la route ; il est vrai qu’ici ils font partis du décor et s’y fondent avec une telle facilité qu’on les oublie (on a pas de photo mais il existe des panneaux attention chameau équivalents aux nôtres pour les vaches…)

 

 

Arrivés à Nouakchott vivants tout de même, vers midi, et déjà prêts organiser une petite virée de trois jours dans le parc national du Banc d’Arguin situé sur la côte atlantique entre Nouadhibou et Nouakchott.

 

 

Bon dimanche à tous, et la suite de nos aventures au prochain épisode !

 

 

Bisou !

 

 

C & M

Par Christelle et Marie - Publié dans : carnetdebord
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Lundi 6 février 2006 1 06 /02 /2006 14:22

Salut à tous !

On espère que le week-end s’est bien passé ; ici on commence à crouler sous la chaleur (Christelle y compris).

Merci pour tous vos petits commentaires et pour nous donner des nouvelles (fraîches ^^) cela nous fait toujours autant plaisir!

Mais revenons là où nous nous étions laissés.

 

jeudi 19 janvier, midi, Nouakchott

Petite description de la ville : elle s’allonge sur plusieurs kms et se situe à la fois au bord de l’océan atlantique et au pied du désert. Elle comporte un peu moins d’un million d’habitants, soit un tiers de la population de la Mauritanie. Sa démographie croissante est due aux grandes sécheresses des 20 dernières années et encore aujourd’hui des quartiers entiers se construisent. Nos premières impressions furent marquées par l’effervescence automobile, à se demander quel code de la route -- et si même code il y a – ils utilisent ! Les principaux axes sont larges et bitumés, mais sans trottoirs, ce qui incite les chauffeurs à moduler la route en 2 – 4 ou même 6 voies selon le besoin. Les routes périphériques et les ruelles sont en sable.

Dans l’après midi nous tâchons de s’organiser une virée dans le Parc National du Banc d’Arguin, RDV au poste du PNBA pour connaître les horaires des marées basses pour, si possible, emprunter la plage plutôt que le goudron.

C’est une réserve nationale depuis 1976, classée au patrimoine mondial de l’UNESCO en 1989. Un courant spécifique nommé upwelling parcoure les eaux, créant ainsi les conditions idéales pour qu’apparaisse et perdure une richesse halieutique exceptionnelle (pour les ignorants, comme Marie, cela veut dire « riche en poisson », voilà). Les trois principaux axes de travail du parc sont : la protection des espèces et de leur milieu, l’étude et la recherche scientifique s’y rapportant et enfin une information pédagogique aux visiteurs de plus en plus nombreux.

Vendredi 20 janvier

Départ vers 8h (pti dej aux croissants, NDLR) avec notre chauffeur Marof. La marée basse étant très (trop) tôt, nous sommes obligés d’utiliser la route à notre grand regret. Première escale après 4h de route au Cap Tafarit, situé près du village d’Arkeiss (ça fait un peu WoW, non ?) pour un pique nique et une sieste pour certains. Retrouver l’océan était bien agréable, après l’immensité du Sahara nous voici face à l’immensité océanique.

La baie du Cap est cernée de falaises de grès blanc sur lesquelles nous avons grimpé sans trop s’approcher du bord très friable. Au passage, petite précision ou plutôt impression de certains, car à la mention de parc national on s’attendrait à trouver de la végétation, qu’il y a peu pourtant…

Nous avons été invités à boire un thé par une des familles du petit village qui semblait de prime abord inhabité : moment de complicité en regardant les albums photo.

Le temps de repartir, nous rejoignons un village de pêcheurs un peu plus bas, Iwik, dans lequel nous passerons deux nuits.

Après une première tentative pour acheter le poisson de notre futur repas, qui a échoué, nous avons été accueilli par « Yves », le fils de la chef du village, qui s’en chargea pour un bien moindre prix que celui que nous avions pu avoir.

C’est Aurélien et Marie qui se collèrent (comment ça, « normal » ?) à la préparation (écaillage, évidage… Mais fort aidés il faut le dire) des poissons, pendant que Cécile et Christelle partaient se ravitailler au village. Sur le bord de la plage, les lanches canariennes (pirogues à voile traditionnelles), reviennent les unes après les autres avec le fruit de leur journée. L’utilisation des bateaux à moteur est interdite sur le parc.

Après un coucher de soleil magnifique nous nous sommes régalés de mulets jaunes cuits en papillote en nous réchauffant autour d’un bon feu. Nous avons dormi, à notre grand plaisir encore, sous des khaimas.

Le lendemain matin nous sommes partis en ballade pour tenter d’observer les différentes espèces d’oiseaux venus se repaître de la richesse poissonneuse : pélicans, flamands roses, grèbes, sternes, mouettes, grands cormorans,  hérons, etc.

Avec notre finesse habituelle et par ignorance, nous avons trouvé le moyen de faire peur à des colonies entières d’oiseaux pour prendre des photo, et ce, sur un espace de reproduction dont l’accès est interdit… Bien joué…

Yves et Marouf (dixit Christelle) venus à notre rencontre pour déjeuner avec nous se sont enlisés jusqu’au châssis dans de la vase masquée par des algues sèches. Optimistes au début, nous pensions que ça allait être une rigolade pour dégager le 4x4. Mais en fait pas du tout… Après plusieurs échecs, nous sommes restés un peu à soutenir les gars, puis notre envie d’observer les oiseaux à pris le dessus, l’envie de prendre un bain de Marie aussi…

Aurélien, fidèle à lui même, intègre et droit, est resté jusqu’au bout, coûte que coûte. Mais toujours aucun résultat, voir même, la situation s’est aggravée puisqu’un deuxième 4x4 venu à notre rescousse s’est enlisé à son tour. Vers 20h ils ont réussit à dégager le premier véhicule, mais le notre à passé la nuit dehors, avec son chauffeur dedans.

Ayant appris que notre 4x4 n’en était pas un (un « truc » qui ne marchait pas) nous nous sommes résignés à prendre de nouveau la route le lendemain, en suivant la voiture de Michel, notre bienfaiteur de la veille. Il s’avère être un passionné de pêche, avec qui nous avons pu partager le matin une partie.

Retour à Nouakchott vers 18h, nous y resterons jusqu’à la fin de la semaine.

lundi 23 janvier

Mission « cherchons des ouguiyas » (monnaie locale) : vous nous croyez si vous voulez, mais même dans la capitale  il est impossible de retirer de l’argent avec une carte bancaire. Nous avons pensé prostituer l’une de nous (au hasard, Marie) mais par miracle nous avons croisé encore un bienfaiteur sur notre route. Travaillant dans une agence de voyage, il a bien voulu accepter un virement bancaire. Nous avons ensuite eu l’impression d’avoir un peu passé la semaine avec lui tant de fois nous sommes allé le voir.

 

Accompagnés de Michel, l’après midi, nous avons fait notre première excursion vers le port de pêche de Nouakchott. Il y règne une atmosphère unique : étalage de poissons de toutes sortes… et chacun s’affère à sa tâche.

Dès le retour des pirogues sur le rivage, tout s’organise avec beaucoup de précision : les enfants arrivent sur des charrettes tirées par des ânes , les pêcheurs sautent de leur pirogues et commencent à la remonter sur la berge en la faisant pivoter, ils la vident de leur récolte sur la charrette et les enfants aussitôt repartent à l’étalage du poisson. Les femmes les réceptionnent et la vente peut commencer.

Une fois les pirogues rentrées, la plage nous offre un feu d’artifice tant elles sont colorées et nombreuses. Environ 150 pirogues sont rangées les unes à côté des autres, prêtes à repartir le lendemain. Nous aurions pût y passer des heures entières à observer ces tranches de vie mauritaniennes, bien lointaines de nos ports de pêche industriels.

Le soir venu, grosse rébellion, pizza pour tous le monde.

 

 

Mardi 24 janvier : bon anniversaire Anne !

RDV à 10h avec Djibrill, notre contact de Nouakchott. C’est un guide qui organise des circuits dans toute la Mauritanie et qui sait de quoi il parle ! Ses connaissances du pays (Ethnologiques, archéologiques, historiques, géographiques et sur la faune et la flore), sa chaleur, son intégrité et sa sincérité font de lui un personnage qui mérite d’être connu ! Partir avec lui aurait été un vrai bonheur, mais nos dates ne se concordaient pas, la prochaine fois Inch’Allah ! D’ici là si vous comptez découvrir la Mauritanie dans son intimité nous vous conseillons fortement de passer par ses services. Il est joignable au :00 222 652 75 74  ou alors sur Internet : aradunatour@yahoo.fr et www.araduna-tour-filsdudesert.com

Il nous a accueilli à bras ouvert dans sa famille où nous avons passé la fin de la semaine. Sa maison se situe à 7km de la ville, dans un quartier populaire tranquille, au pied des dunes. Toute sa petite famille est très gentille et nous a rapidement intégré à leur quotidien. Marie et Aurélien ont découvert le secret du bon thé : le Qots (marque excellente). Les recettes culinaires nous ont été révélées, espérons qu’à notre retour nous pourrons vous préparer un Thieboudien (= riz au poisson). Les enfants (Moueima, Wely et les autres) ont beaucoup apprécié le Uno. Quelques parties déchaînées se sont partagées.

Djibrill nous a fait découvrir l’intimité des grands marchés de Nouakchott : marché capital, marché du 5ème et marché aux tentes. Cécile n’a pu s’empêcher d’en acquérir une. Nous pensions que les vendeuses allaient s’en arracher les cheveux. Cécile est dure en affaire. Super cadeau mais encombrant et lourd (15kg), on vous laisse imaginer leur stress à l’aéroport, mais comme par enchantement, ils n’ont pas eu de problèmes.

Nous avons également pu visiter le musée national qui recouvre tous les secrets historiques, archéologiques , ethnographique et traditionnels de la Mauritanie. Moment très instructif.

Nous nous sommes accordés une après midi plage. L’océan était déchaîné, des rouleaux se cassaient près du bord et un fort courant entraînait les deux seuls motivés (dont un supplié), Aurélien et Marie.

Côté projet nous avons pu rencontrer Aïcha et sa famille. Elle fût très heureuse d’avoir de vos nouvelles les filles, et vous remercient encore pour le panneau. Une discussion enrichissante et chaleureuse s’est engagée autour d’un thé, malgré la barrière de la langue.

Vendredi 27 janvier

La veille de notre départ Cécile et Christelle se lancent dans la préparation de crêpes (petite entorse à la règle 2006, n’est ce pas Cécile ?) au plaisir de tous.

Ce n’est sans doute pas une soirée d’adieux mais plutôt d’au revoir, car c’est sûr, on reviendra. Merci encore pour votre chaleur, votre gentillesse et votre hospitalité. Ne changez rien, vous êtes une famille formidable !

On était bien, et c’est bien.

(Credo de Christelle, Marie ne cautionne pas, ça fait un peu slogan quand même…)

Samedi 28  janvier

8h du matin après des au revoir émouvants à toute la famille, notre petit groupe dut aussi se préparer à se séparer. Ces vacances à 4 étaient vraiment super, merci à vous d’être venus, on recommence quand vous voulez !

« Chacun sa route, chacun son chemin, passe ce message à ton voisin » : Aurélien et Cécile sont remontés vers Atar pour y prendre leur avion le lendemain et nous, nous sommes descendues dans le sud, à Boghé, ville située près du fleuve Sénégal, pour rejoindre notre « nouvelle famille » : La famille Gueye

Nous vous laissons sur ces bonnes paroles, car il est l’heure d’aller savourer un thieboudien…

Au moins, vous avez de la lecture… Et des photo ! On a rajouté l’album Sénégal et finalisé celui de la Mauritanie.

            « Le lundi au soleil », c’est pour nous en ce moment mais ne vous inquiétez pas, dans quelques mois, c’est votre tour ! (faut bien qu’on vous fasse râler un peu ) On vous embrasse et on vous aime

N’oubliez pas… Tout le bonheur du monde !

C & M

 

Par Christelle et Marie - Publié dans : carnetdebord
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Mardi 7 février 2006 2 07 /02 /2006 14:21

 

Badâ ! Adadiseili ? Nous, diam tan.

 Comme vous pouvez le constater, après avoir parlé berbère, hassania, nous parlons couramment poulaar, la langue parlée dans le sud et le nord du Sénégal (région du Fouta) par l’ethnie des peuls.

 

Nous plaisantons bien sûr, nous nous sommes arrêtées aux formules de salutation et de politesse, qui sont très importantes ici, et assez longues, comme en Mauritanie d’ailleurs. Elles peuvent durer parfois quelques minutes, tout en se tenant la main : comment vas tu ? comment vas ta famille ? ta femme ? tes cousins ? tes voisins ? etc. As tu la paix ? et ainsi de suite. Il est de rigueur de répondre de manière assez positive pour s’introduire et après, au cours d’un thé, on peut parler plus ouvertement et soulever les problèmes s’il y en a.

 

Ici il fait de plus en plus chaud, et nous rêvons de neige. Comme quoi, par nature, l’homme n’est jamais heureux là où il est. Mais rassurez vous, nous sommes très heureuses malgré tout !  

 

Si vous le voulez bien, reprenons au samedi 29 janvier, 8h, à Nouakchott

 

Aurélien et Cécile, bon voyage, bon retour en France, nous pensons fort à vous car on imagine ô combien la reprise doit être difficile. Courage, que la force soit avec vous, et pensez à nos prochaines vacances, certainement corses, verdict 14 février…

 

Nous voici en route  pour Boghé, à 7 dans un taxi mercedes, accompagnées de Diana Be, cousine de la famille Gueye. Christelle s’indigne que la nature n’ait pas fait naître les hommes égaux, en règle générale et surtout lorsqu’il s’agit du volume corporel ; il est vrai que le voyage fût difficile, long et chaud. Du désert, un village, du désert, un village… 4h de route monotone ont suffit (et c’était largement assez) pour rejoindre Boghé.

 

Nous avons été accueillies chaleureusement par la famille Gueye, où vivent une dizaine de personnes. C’est une famille polygame où les deux femmes s’entendent très bien et dont le mari est décédé.

 

Déjà nous ressentions l’influence du Sénégal. Les femmes et jeunes filles ne portent plus de voile, leur coiffure est différente (elles sont toutes tressées, comme on peut l’imaginer au Sénégal), la musique n’est plus la même (ouf), des rythmes plus chaud font danser les enfants. En fait, Boghé est une ville qui se situe le long du fleuve Sénégal, séparant les deux pays. Elle est la sous préfecture de la région du Brakna. Elle comporte environ 10 000 habitants, vit de cultures et de pêches, et est séparée en deux lors de la saison des pluies. Un pont relie donc Boghé escale de Boghé 2.

 

Le concept des frontières nous épate toujours, car aujourd’hui nous sommes en Mauritanie et à 200 m de nous, de l’autre côté du fleuve, on sera au Sénégal. 200 m suffisent pour changer de régime politique, d’économie locale et donc de monnaie, de traditions, d’us et coutumes, de langue et de religion parfois. 

 

Birom, le fils aîné de la famille, nous a fait visiter sa ville et ses alentours. Nous sommes allés plusieurs fois au marché, où il tenait provisoirement la boutique de sa sœur. C’est un endroit haut en couleurs et très vivant. Les marchandises proposées diffèrent énormément de celles de la Mauritanie du nord : beaucoup plus de fruits et légumes, les tissus WAX (tissus africains) font leur apparition…

 

Ce fût très agréable de se balader le long du fleuve et de retrouver de la verdure. C’est un espace privilégié pour les cultures : les femmes du village y ont installé leur jardin communautaire. Un vrai régal pour nos yeux, et la déception de ne pas être venues pour la saison des mangues. Quoique… Qui dit saison des mangues dit saison des pluies, dit saison des moustiques…Cette région du bonheur devient alors une zone endémique à haut risque de contracter le paludisme.

 

Prenez en note et protégez vous si vous partez à cette période.

 

 

Côté projet nous avons rencontré le grand père Djibrill ainsi qu’une partie de sa famille. Il fût ravi d’avoir de vos nouvelles, Isa et Emilie, et nous montra à quel point ce fût un réel plaisir pour lui de s’impliquer à l’action de Paroles d’ailleurs. Il nous a lu à haute voix le compte rendu du récit le concernant en nous expliquant les anecdotes qui s’y rattachent et en nous présentant à tour de rôle ses petits enfants. Tous ont bien grandi depuis votre départ, et d’autres ont même vu le jour. Ils vous embrassent toutes les deux très fort.

 

Ces quelques jours à Boghé ont été très reposant après l’agitation de Nouakchott, mais maintenant il est l’heure d’organiser notre voyage pour gagner le Sénégal, pays de la téranga (hospitalité, accueil).

 

   

 

La Mauritanie nous à offert 4 semaines de plaisirs riches et intenses, tant pour la virginité de ses paysages que par la sincérité et l’hospitalité de ses habitants.

 

Nous remercions encore chaleureusement toutes les personnes de Mauritanie qui nous ont ouvert leur porte, leur esprit et leur cœur, et toutes les personnes qui nous ont aidé.

 

Merci, merci et encore merci, ce fût un réel bonheur. A très bientôt c’est sûr !

 

 

Snif snif la Mauritanie, à nous le Sénégal …

 

Mardi 31 janvier

Bonne Année (selon le calendrier de l’Hégire) à toutes les personnes musulmanes que nous connaissons ! Et qu’elle vous porte chance et vous permettent de réaliser tous vos souhaits.

 

 

Un taxi nous attendait à l’entrée de la maison pour rejoindre un petit village, Lopel, endroit duquel nous traverserons le fleuve. Une petite charrette tirée par un cheval nous attendait de l’autre côté. Encore un nouveau mode de transport que nous n’avions jamais utilisé. Ma foi pas si inconfortable que ça, et tellement original que nous étions sous le charme. A deux reprises, il a fallu démonter notre attelage pour embarquer le tout sur une pirogue et traverser les méandres du fleuve. Un véritable numéro de cirque qu’ils maîtrisent parfaitement. Vous vous doutez que le cheval, par contre, n’est pas monté sur la pirogue mais a nagé à côté de nous (eh oui, les chevaux nagent, au grand étonnement de Christelle. Sans masque et sans tuba, de surcroît). Durant 2 h les paysages changent, les arbres se diversifient et se densifient, nous croisons des troupeaux de vaches armées avec les mêmes cornes –voire plus grandes— que celles des taureaux entrant dans l’arène de Pampelune (paye ta référence…). Benoît, elles sont pour toi !

 Vers midi, arrivée à Dodel, au revoir à nos amis, le charretier et notre compagnon de voyage, avec qui une amitié de voyage fût soudée par la sortie du gazou, qui les a bien fait rire. Timing parfait, aussitôt arrivées sur le goudron nous voilà embarquées dans un bus coloré sur lequel est marqué « Alahmdoulillah » (à la grâce de dieu). Des échanges verbaux enflammés fusent concernant la Coupe d’Afrique des Nations (CAN). On vous a pas dit, mais on supporte le Sénégal avec beaucoup de ferveur, on ne rate aucun match. Ce sont des moments remplis d’hilarité, de frayeurs et de joies qui sont incontournables.

 

 

Le voyage fût agréable mais long (6h) et chaud. Ses jolies banquettes étaient recouvertes de skaï, qui vous font transpirer de partout (pardon Mme Beck). La vue était partagée en quatre couleurs principales : le noir de la route, l’ocre de la terre, le blond des herbes sèches et le bleu du ciel. Nous avions l’impression d’être plongées dans le film out of Africa (sans les animaux), avec ses images de savane immense. Ce sont des moments magiques, exacerbés selon la musique que l’on écoute. Une musique qui nous est chère en France prend ici toute une autre dimension (merci encore à Bruno, Manue, Aurélien et Marie, qui ont mis au point le lecteur MP3 de Christelle. Arcade Fire, elle adore !).

 

Arrivée à Thiambé a 18h, petit village de 1000 âmes situé à 2 km d’Ouro sogui, lui même à 10 km de Matam et donc du fleuve Sénégal, dans la région du Fouta.

 

Nous sommes accueillies par Dra Aw avec un Thieboudien, le perturbant en pleine 8ème de finale contre la Guinée, et déjà, gros stress. Le Sénégal, après un but inespéré, en prend 2. Heureusement, les « lions » sont quand même qualifiés. Ouf ! Depuis ils ont dépassé le cap des quarts de finale, vivement 17h qu’on assiste au match.

 

 

Depuis une semaine, le temps s’est arrêté sur nous et Thiambé. Appelées « toubab » par les enfants du village,  nous vivons au sein de la famille de Dra, composée d’une vingtaine de personne. C’est également une famille polygame dans laquelle le doyen, Idrissa, et ses deux femmes, vivent avec leurs enfants et petits enfants. La maisonnée est constituée de quatre bâtiments, au milieu desquels une cour très agréable parsemée d’arbres (sous lesquels des jarres en terre cuite (appelées canaries) conservent l’eau au frais) est propice au repos. Des nattes surélevées et parfois abritées par des toits en paille y sont aussi disposées et il y fait bon vivre. La cohabitation des générations se fait harmonieusement et une atmosphère de paix règne. Chacun a sa place et vaque à ses occupations : les femmes s’occupent des tâches ménagères, les hommes s’occupent du jardin et des animaux vivants dans la cour avec nous, les enfants en grand nombre jouent entre eux et tout le monde s’occupe de tout le monde.

 

Tout semble si simple et reposant, ça fait du bien.

 

Rien ne sert de courir après du superflu, la simplicité suffit pour être bien, alors simplifions nous la vie et ciblons l’essentiel !

 

Les journées sont rythmées avec un rituel qui nous va bien : lever 9h, café-beignet, rejoindre Ouro sogui (en taxi clando ou en taxi charrette) pour visiter le marché et surtout rattraper notre retard sur le blog, comme vous avez pu le constater. Retour vers 13h pour partager en famille le repas traditionnel, le Thieboudien (nous nous entraînons encore à sa préparation), et se reposer.

 

Le soir venu nous nous rassemblons autour de la télévision, tous installés dehors, sur les nattes et sous les étoiles, pour regarder le journal de la seule chaîne captée ici : RTS1, et notre série préférée, Muñeca brava. Les dialogues sont déconcertants de profondeur et de subtilité, le scénario d’une incroyable puissance. Notre Santa Barbara en brésilien (maman Christelle, tu adorerais !). Nous nous régalons de koichame (lait caillé sucré) ou de glaces au pain de singe fruit du baobab).

 

Dra et le grand père Idrissa sont des sources intarissables concernant les traditions peuls. Christelle et Marie étant intarissables de questions, ça tombe bien ! Idrissa est ravi d’avoir eu un retour du projet et très fier du panneau qu’il a reçu.  

 

Thiambé est un petit village dont le tissus associatif est développé . Dra en est un membre actif. En ce moment, ils mènent une campagne de prévention et de lutte contre le paludisme, car à l’hivernage, période des pluies et des cultures où les températures deviennent terribles, les moustiques font beaucoup de ravages. Nous sommes actuellement  en saison sèche (heureusement pour nous) et donc l’absence de cultures ralenti l’activité du village, et par la même occasion, la nôtre.   

 

Nous pensons quitter Thiambé d’ici quelques jours, la suite du programme n’est pas tout à fait définie : a priori, 2-3 jours à St Louis et sur la Langue de Barbarie, 2-3 jours à Thiès et rejoindre Dakar, où tout est possible. Nous envisageons rejoindre les îles du Cap Vert en espérant, pourquoi pas, rencontrer Césaria Evora, ou plutôt aller en Casamance, visiter le grenier du Sénégal. Inch’Allah.

 

On vous tiens au courant, n’ayez crainte. D’ici là prenez soin de vous, on vous aime et on vous le souhaite encore et toujours…  

 

A très bientôt, on vous embrasse,

 

 

C & M

 PS : Nous avons nommé les photos de l’album Mauritanie (avec une faute à Boghé, désolées !)

Par Christelle et Marie - Publié dans : carnetdebord
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