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7 février 2006 2 07 /02 /février /2006 14:21

 

Badâ ! Adadiseili ? Nous, diam tan.

 Comme vous pouvez le constater, après avoir parlé berbère, hassania, nous parlons couramment poulaar, la langue parlée dans le sud et le nord du Sénégal (région du Fouta) par l’ethnie des peuls.

 

Nous plaisantons bien sûr, nous nous sommes arrêtées aux formules de salutation et de politesse, qui sont très importantes ici, et assez longues, comme en Mauritanie d’ailleurs. Elles peuvent durer parfois quelques minutes, tout en se tenant la main : comment vas tu ? comment vas ta famille ? ta femme ? tes cousins ? tes voisins ? etc. As tu la paix ? et ainsi de suite. Il est de rigueur de répondre de manière assez positive pour s’introduire et après, au cours d’un thé, on peut parler plus ouvertement et soulever les problèmes s’il y en a.

 

Ici il fait de plus en plus chaud, et nous rêvons de neige. Comme quoi, par nature, l’homme n’est jamais heureux là où il est. Mais rassurez vous, nous sommes très heureuses malgré tout !  

 

Si vous le voulez bien, reprenons au samedi 29 janvier, 8h, à Nouakchott

 

Aurélien et Cécile, bon voyage, bon retour en France, nous pensons fort à vous car on imagine ô combien la reprise doit être difficile. Courage, que la force soit avec vous, et pensez à nos prochaines vacances, certainement corses, verdict 14 février…

 

Nous voici en route  pour Boghé, à 7 dans un taxi mercedes, accompagnées de Diana Be, cousine de la famille Gueye. Christelle s’indigne que la nature n’ait pas fait naître les hommes égaux, en règle générale et surtout lorsqu’il s’agit du volume corporel ; il est vrai que le voyage fût difficile, long et chaud. Du désert, un village, du désert, un village… 4h de route monotone ont suffit (et c’était largement assez) pour rejoindre Boghé.

 

Nous avons été accueillies chaleureusement par la famille Gueye, où vivent une dizaine de personnes. C’est une famille polygame où les deux femmes s’entendent très bien et dont le mari est décédé.

 

Déjà nous ressentions l’influence du Sénégal. Les femmes et jeunes filles ne portent plus de voile, leur coiffure est différente (elles sont toutes tressées, comme on peut l’imaginer au Sénégal), la musique n’est plus la même (ouf), des rythmes plus chaud font danser les enfants. En fait, Boghé est une ville qui se situe le long du fleuve Sénégal, séparant les deux pays. Elle est la sous préfecture de la région du Brakna. Elle comporte environ 10 000 habitants, vit de cultures et de pêches, et est séparée en deux lors de la saison des pluies. Un pont relie donc Boghé escale de Boghé 2.

 

Le concept des frontières nous épate toujours, car aujourd’hui nous sommes en Mauritanie et à 200 m de nous, de l’autre côté du fleuve, on sera au Sénégal. 200 m suffisent pour changer de régime politique, d’économie locale et donc de monnaie, de traditions, d’us et coutumes, de langue et de religion parfois. 

 

Birom, le fils aîné de la famille, nous a fait visiter sa ville et ses alentours. Nous sommes allés plusieurs fois au marché, où il tenait provisoirement la boutique de sa sœur. C’est un endroit haut en couleurs et très vivant. Les marchandises proposées diffèrent énormément de celles de la Mauritanie du nord : beaucoup plus de fruits et légumes, les tissus WAX (tissus africains) font leur apparition…

 

Ce fût très agréable de se balader le long du fleuve et de retrouver de la verdure. C’est un espace privilégié pour les cultures : les femmes du village y ont installé leur jardin communautaire. Un vrai régal pour nos yeux, et la déception de ne pas être venues pour la saison des mangues. Quoique… Qui dit saison des mangues dit saison des pluies, dit saison des moustiques…Cette région du bonheur devient alors une zone endémique à haut risque de contracter le paludisme.

 

Prenez en note et protégez vous si vous partez à cette période.

 

 

Côté projet nous avons rencontré le grand père Djibrill ainsi qu’une partie de sa famille. Il fût ravi d’avoir de vos nouvelles, Isa et Emilie, et nous montra à quel point ce fût un réel plaisir pour lui de s’impliquer à l’action de Paroles d’ailleurs. Il nous a lu à haute voix le compte rendu du récit le concernant en nous expliquant les anecdotes qui s’y rattachent et en nous présentant à tour de rôle ses petits enfants. Tous ont bien grandi depuis votre départ, et d’autres ont même vu le jour. Ils vous embrassent toutes les deux très fort.

 

Ces quelques jours à Boghé ont été très reposant après l’agitation de Nouakchott, mais maintenant il est l’heure d’organiser notre voyage pour gagner le Sénégal, pays de la téranga (hospitalité, accueil).

 

   

 

La Mauritanie nous à offert 4 semaines de plaisirs riches et intenses, tant pour la virginité de ses paysages que par la sincérité et l’hospitalité de ses habitants.

 

Nous remercions encore chaleureusement toutes les personnes de Mauritanie qui nous ont ouvert leur porte, leur esprit et leur cœur, et toutes les personnes qui nous ont aidé.

 

Merci, merci et encore merci, ce fût un réel bonheur. A très bientôt c’est sûr !

 

 

Snif snif la Mauritanie, à nous le Sénégal …

 

Mardi 31 janvier

Bonne Année (selon le calendrier de l’Hégire) à toutes les personnes musulmanes que nous connaissons ! Et qu’elle vous porte chance et vous permettent de réaliser tous vos souhaits.

 

 

Un taxi nous attendait à l’entrée de la maison pour rejoindre un petit village, Lopel, endroit duquel nous traverserons le fleuve. Une petite charrette tirée par un cheval nous attendait de l’autre côté. Encore un nouveau mode de transport que nous n’avions jamais utilisé. Ma foi pas si inconfortable que ça, et tellement original que nous étions sous le charme. A deux reprises, il a fallu démonter notre attelage pour embarquer le tout sur une pirogue et traverser les méandres du fleuve. Un véritable numéro de cirque qu’ils maîtrisent parfaitement. Vous vous doutez que le cheval, par contre, n’est pas monté sur la pirogue mais a nagé à côté de nous (eh oui, les chevaux nagent, au grand étonnement de Christelle. Sans masque et sans tuba, de surcroît). Durant 2 h les paysages changent, les arbres se diversifient et se densifient, nous croisons des troupeaux de vaches armées avec les mêmes cornes –voire plus grandes— que celles des taureaux entrant dans l’arène de Pampelune (paye ta référence…). Benoît, elles sont pour toi !

 Vers midi, arrivée à Dodel, au revoir à nos amis, le charretier et notre compagnon de voyage, avec qui une amitié de voyage fût soudée par la sortie du gazou, qui les a bien fait rire. Timing parfait, aussitôt arrivées sur le goudron nous voilà embarquées dans un bus coloré sur lequel est marqué « Alahmdoulillah » (à la grâce de dieu). Des échanges verbaux enflammés fusent concernant la Coupe d’Afrique des Nations (CAN). On vous a pas dit, mais on supporte le Sénégal avec beaucoup de ferveur, on ne rate aucun match. Ce sont des moments remplis d’hilarité, de frayeurs et de joies qui sont incontournables.

 

 

Le voyage fût agréable mais long (6h) et chaud. Ses jolies banquettes étaient recouvertes de skaï, qui vous font transpirer de partout (pardon Mme Beck). La vue était partagée en quatre couleurs principales : le noir de la route, l’ocre de la terre, le blond des herbes sèches et le bleu du ciel. Nous avions l’impression d’être plongées dans le film out of Africa (sans les animaux), avec ses images de savane immense. Ce sont des moments magiques, exacerbés selon la musique que l’on écoute. Une musique qui nous est chère en France prend ici toute une autre dimension (merci encore à Bruno, Manue, Aurélien et Marie, qui ont mis au point le lecteur MP3 de Christelle. Arcade Fire, elle adore !).

 

Arrivée à Thiambé a 18h, petit village de 1000 âmes situé à 2 km d’Ouro sogui, lui même à 10 km de Matam et donc du fleuve Sénégal, dans la région du Fouta.

 

Nous sommes accueillies par Dra Aw avec un Thieboudien, le perturbant en pleine 8ème de finale contre la Guinée, et déjà, gros stress. Le Sénégal, après un but inespéré, en prend 2. Heureusement, les « lions » sont quand même qualifiés. Ouf ! Depuis ils ont dépassé le cap des quarts de finale, vivement 17h qu’on assiste au match.

 

 

Depuis une semaine, le temps s’est arrêté sur nous et Thiambé. Appelées « toubab » par les enfants du village,  nous vivons au sein de la famille de Dra, composée d’une vingtaine de personne. C’est également une famille polygame dans laquelle le doyen, Idrissa, et ses deux femmes, vivent avec leurs enfants et petits enfants. La maisonnée est constituée de quatre bâtiments, au milieu desquels une cour très agréable parsemée d’arbres (sous lesquels des jarres en terre cuite (appelées canaries) conservent l’eau au frais) est propice au repos. Des nattes surélevées et parfois abritées par des toits en paille y sont aussi disposées et il y fait bon vivre. La cohabitation des générations se fait harmonieusement et une atmosphère de paix règne. Chacun a sa place et vaque à ses occupations : les femmes s’occupent des tâches ménagères, les hommes s’occupent du jardin et des animaux vivants dans la cour avec nous, les enfants en grand nombre jouent entre eux et tout le monde s’occupe de tout le monde.

 

Tout semble si simple et reposant, ça fait du bien.

 

Rien ne sert de courir après du superflu, la simplicité suffit pour être bien, alors simplifions nous la vie et ciblons l’essentiel !

 

Les journées sont rythmées avec un rituel qui nous va bien : lever 9h, café-beignet, rejoindre Ouro sogui (en taxi clando ou en taxi charrette) pour visiter le marché et surtout rattraper notre retard sur le blog, comme vous avez pu le constater. Retour vers 13h pour partager en famille le repas traditionnel, le Thieboudien (nous nous entraînons encore à sa préparation), et se reposer.

 

Le soir venu nous nous rassemblons autour de la télévision, tous installés dehors, sur les nattes et sous les étoiles, pour regarder le journal de la seule chaîne captée ici : RTS1, et notre série préférée, Muñeca brava. Les dialogues sont déconcertants de profondeur et de subtilité, le scénario d’une incroyable puissance. Notre Santa Barbara en brésilien (maman Christelle, tu adorerais !). Nous nous régalons de koichame (lait caillé sucré) ou de glaces au pain de singe fruit du baobab).

 

Dra et le grand père Idrissa sont des sources intarissables concernant les traditions peuls. Christelle et Marie étant intarissables de questions, ça tombe bien ! Idrissa est ravi d’avoir eu un retour du projet et très fier du panneau qu’il a reçu.  

 

Thiambé est un petit village dont le tissus associatif est développé . Dra en est un membre actif. En ce moment, ils mènent une campagne de prévention et de lutte contre le paludisme, car à l’hivernage, période des pluies et des cultures où les températures deviennent terribles, les moustiques font beaucoup de ravages. Nous sommes actuellement  en saison sèche (heureusement pour nous) et donc l’absence de cultures ralenti l’activité du village, et par la même occasion, la nôtre.   

 

Nous pensons quitter Thiambé d’ici quelques jours, la suite du programme n’est pas tout à fait définie : a priori, 2-3 jours à St Louis et sur la Langue de Barbarie, 2-3 jours à Thiès et rejoindre Dakar, où tout est possible. Nous envisageons rejoindre les îles du Cap Vert en espérant, pourquoi pas, rencontrer Césaria Evora, ou plutôt aller en Casamance, visiter le grenier du Sénégal. Inch’Allah.

 

On vous tiens au courant, n’ayez crainte. D’ici là prenez soin de vous, on vous aime et on vous le souhaite encore et toujours…  

 

A très bientôt, on vous embrasse,

 

 

C & M

 PS : Nous avons nommé les photos de l’album Mauritanie (avec une faute à Boghé, désolées !)

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commentaires

menaspa 04/03/2006 19:02

Salut les filles,bravo pour votre courrage, on pense bien a vous avec beaucoup d'admiration pour cette aventure.Christelle, ta maman vient régulièrement voir les nouvelles et tu la connait, elle est toujours surprise de te voir aussi impliquée !Continuez a prendre bien soins de vous et pleins de bisous de la famille Corinne,Eric,Sarah et Simon

raph 23/02/2006 20:41

Salut salut les marcheuses,
Toujours un vrai plaisir de vous lire.
Dernières news européennes: petit rdv IMT à Genève avec Vanessa, Soizic et Carine sans Alain (ptit empechement de dernière dommage). Pierre et Céline sont partis bosser 16 mois en Guadeloupe. J'ai été reçu chez MSF fin décembre et je pars en préparation au départ avec eux en Italie début mars. Sinon pour les retours, Soizic a quitté la Suisse et Miguel l'Angleterre. Bon d'accord certaines news datent mais on s'y perd un peu avec tous ces départs et retours.
Christelle, t'as des nouvelles d'Anne?
 
Plein de poutoux caillants (oui il reneige en Belgique) à vous deux
raph

Laurence et Laurent Duraf 18/02/2006 19:45

Salut à toi Christelle,
vous nous ennivrez avec vos photos et textes. Et même si on a pu déjà trainer nos guetres dans quelques contrées, on reste baba devant votre belle aventure.
aurélien et cécile devaient bien pester de devoir rentrer.
continuez à bien vous éclater, profitez de ces moments intenses et généreux.
bises et aux prochaines news ...
Laurence
si la réunion t'interesse encore un peu .... on aura bientôt de la place pour vous accueillir à la Possession où nous avons enfin trouvé une maison à acheter

marianne et ghislain 16/02/2006 16:24

pour Christelle: bon bah, ça fout les boules car ici il pleut, fait gris et moche! Mais on t'aime quand même, on est pas du tout jaloux, non, non, je t'assure! grr...
Ah, au fait quand tu reviens si t'as le temps entre deux voyages extraordinaires, vient fêter le baptême civil de Pablo avec Aurélien. Ce sera le 1er juillet à Guîtres, désolé c'est pas vraiment dépaysant...mais on va s'en mettre plein la panse quand même!
Bisous et à bientôt.
Marianne et ghislain

isa 09/02/2006 14:52

Salut les poules ! Je suis trop émue à chaque lecture de vos mails et j'ai trop envie de vous rejoindre ... Mais pour le moment y a pas moyens : boulot, boulot !
L'expo de Paroles d'ailleurs est en ce moment dans un collège et à beaucoup de succès.
Je pars aussi le week end prochain travailler avec l'asso GRAD (Groupe de Réalisation et d'Animation sur le Développement) sur le livre. On va faire une coédition, ça se concrétise !
Passez l'info aux grands parents
Merci tout plein et à très vite
Vous revenez quand au fait ?
BISOUS
Isa