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22 février 2006 3 22 /02 /février /2006 16:42

Salam maleikoum à vous tous!

 

 

 Na ngeen def? Nous, ma ngui fe rek! Nous voilà wolofisées, car en quittant la région du Fouta, nous avons également changé de dialecte. Actuellement "nous" parlons wolof, langue officielle du Sénégal.

 

 

On espère que vous allez bien et que les températures hivernales commencent à remonter un peu. Merci pour vos commentaires et vos nouvelles : Aline, toutes mes félicitations et fais la bise à toutes les Suisses de ma part ; Ghislain et Marianne, bien sûr que je viendrai au baptême, merci pour l’invitation, je vous embrasse !

 

 

Notre voyage se poursuit très très bien, de manière agréable, et ces 10 derniers jours passés nous ont encore permis de rencontrer des personnes fort sympathiques, de parcourir des paysages et endroits différents et d'approfondir nos connaissances sur la culture du Sénégal.

 

 

Et voici comment ça c'est passé...

 

 

Mardi 7 février

 

 

Toujours à Thiambé, où la température reste très élevée. Journée cruciale pour le Sénégal puisque se joue la demi-finale de la Coupe d'Afrique des Nations. Grand moment d'émotion et de stress, mais nos encouragements n'ont pas suffit pour les mener jusqu'à la victoire. De toute façon, l'arbitre était corrompu. L'ensemble de la maisonnée était assez déçue mais qu'à cela ne tienne, Muñeca Brava réussit à redonner le sourire à presque tout le monde (Isa et Emilie, il faut que vous le sachiez, Milagro est en fait encore amoureuse d'Yvo...)

 

 

 

 

 

Mercredi 8 février

 

 

 

 

Christelle se lève à l'aube pour tenter de voir le soleil levant... Manque de bol, il jouait à cache cache et il a gagné...

 

 

Le départ approchant, nous voulions préparer un dessert pour remercier encore la famille Aw de nous avoir accueillies. Nous voilà parties au marché en compagnie de Maïmouna pour aller faire quelques courses et profiter encore d'utiliser notre moyen de transport préféré: la charrette tirée par un âne. Le marché émane une effervescence riche en sons et en couleurs. Les étalages et étagères sont des joyeux bordels où l'on peut retrouver: des sacs d'épices remplis de mil, de sorgho, de riz, de tamarin, de fleurs d'hibiscus, de pain de singe, de teinture indigo... Ainsi que des marchands de tissus, de lait caillé, de frigo... tout se trouve et tout s'achète !!

 

 

Malgré la chaleur et la densité des allées, nous apprécions et nous ne nous lassons pas de flâner et de partager ces moments qui leur sont si routiniers et pour nous si extra-ordinaires. Nous optons finalement pour la salade de fruits frais. Selon vous, combien faut il de kilos de fruits pour satisfaire une vingtaine de personnes? Réponse: 8! 4kg d'oranges, 3 kg de bananes et un kg de pommes (elles sont chères!) et c'est parti !

 

 

2h d'épluchage découpage plus tard, on s'est régalés. Nous apprenons que c'est le dernier jour de l'année musulmane. Ce soir, après un repas de fête (apprécié de tous sauf du mouton qui ne bêlera plus...), selon la tradition, les enfants déguisés (les filles en garçon et inversement) vont de maison en maison armés de seaux vides pour récolter du mil ou du riz. Le tout en chantant à tue tête et en tapant des mains. Nous sommes bien évidemment de la partie et nous nous en donnons à coeur joie, même si nous ne maîtrisons pas toutes les paroles. Nous ne retenons que "Taïdabon, taïdabon, wélé!" et ça suffit à faire rire tous les villageois...

 

 

Un peu notre halloween, en moins mercantile et très bon enfant.

 

 

 

 

 

 

Jeudi 9 février

 

 

 

 

Jour férié, 1er jour de l'année, tamakharit. Bonne année à tous!

 

 

La veille de notre départ nous en avons profité pour visiter Matam, située à 12 Km de Thiambé. C'est une ville en bordure du fleuve où il est agréable de voir la vie animée par ce dernier. Accompagnées de Dra, ce fût à nouveau l'occasion, à travers de nos discussions, d'échanger sur nos diversités culturelles.

 

 

Le soir, avec la récolte fructueuse du mil de la veille, les enfants ont pu s'offrir des beignets de crevette. Succulents, mais un peu trop épicés à notre goût !

 

 

 

 

 

Vendredi 10 février

 

 

 

 

Réveillées en fanfare à 7h par le grand père Idrissa, on est à la bourre pour choper le minibus qui doit nous emmener jusqu'à Saint Louis! Bagages pliés en 5-5, beignets engloutis, café pas pris, aux revoirs à tout le monde rapides mais chaleureux, nous voilà parties.

 

 

Par contre, on n’est pas arrivées !! Les 6h de voyage prévues se sont insidieusement transformées en 10h. Il fait chaud, on est serrées, on est fatiguées, mais on est heureuses, dans ce mini bus de 20 places, de ceux qu'on appelle les N'diaga N'dieye...

 

 

De la savane, quelques baobabs et beaucoup de secousses et de bruits, tel fût le voyage. Ponctué de brefs arrêts dans des villes: l'occasion pour les nombreux vendeurs ambulants (sachets glacés, cacahuètes, eau, banane, coco, pastèque, etc.) se collant à nos fenêtres de trouver des acheteurs. Un service drive-in plus efficace que celui du Mc Do!

 

 

Arrivée entières vers 18h à St Louis, nous traçons direct vers l'auberge de jeunesse. Ces 10h de route ont suffit pour changer de région, de climat, de culture et de dialecte (et pour avoir mal à la tête). Fini la tranquillité et la chaleur du petit village de campagne, nous voici en ville, avec son habituelle agitation, il fait "froid" et on ne parle plus poular mais wolof.

 

 

 

 

Le retour à la "civilisation" nous plonge également dans un endroit très prisé des touristes. En effet, St Louis, situé sur la côte atlantique, est une des villes les plus agréables du Sénégal, de part son architecture coloniale et son implantation originale. C'est une île, reliée au continent appelé Sor par le célèbre pont Faidherbe (long de 510m) et reliée à la langue de Barbarie (fine bande de terre entre le fleuve et l'océan) par 2 petits ponts de l'autre côté. Les maisons sont peintes de couleurs pastelles et l'ensemble rappelle un peu les villages du sud de la France.

 

 

 

 

Après une bonne douche, nous assistons à un concert donné au centre culturel français, par Cissoko et ses musiciens. C'est un joueur de kora (instrument traditionnel fait d'une grande calebasse tendue de peau de vache et traversée par un manche muni de 21 cordes) mêlant musique traditionnelle et jazz. C'était génial, qu'il est bon d'écouter de la musique! Mais quel décalage! Le public était essentiellement composé de coopérants, cela rajoutait au contraste de nos 15 derniers jours de vie villageoise.

 

 

 

 

A l'entracte, Claude Michel fait son apparition et entonne un air de sa composition en jouant de... l'accordéon! Un petit bout de femme sympathique, engagée dans une association s'occupant d'enfants des rues. En effet St Louis est une grosse ville et on retrouve toutes les problématiques de cette forte urbanisation: fort taux de chômage, enfants des rues, logements précaires …

 

 

 

 

 Le lendemain, visite de la ville, nous plongeons avec amertume dans son histoire. C'était un port animé et un port commercial où beaucoup de marchands européens étaient basés. St Louis, ancienne capitale de l'Afrique Occidentale Française, participait au commerce triangulaire. Nous sommes passées devant des entrepôts dont les négociants venaient de Bordeaux. Ces grandes demeures anciennes confèrent à la ville une élégance vieillotte et lui ont valu de figurer au patrimoine mondial de l'UNESCO en 2000.

 

 

Dans ses ruelles l'animation est constante: bana-bana (les marchands ambulants), artisans de toutes sortes (tailleurs par exemple, dont vous pourrez admirer le travail sur notre mannequin Christelle), voitures taxi jaunes et noires en grand nombre, mini bus ou cars rapides colorés (tunning sénégalais) appelés les "s'en fout la mort", etc.

 

 

 

 

 

Dimanche 12 février

 

 

 

 

Levées avant le début du jour, un 4x4 nous attendait devant l'hôtel pour nous emmener au parc national du Djoudj, se situant sur un grand méandre du fleuve Sénégal. Impressionnante réserve à l'échelle de la planète, qui est classée au patrimoine mondial de l'UNESCO et que les oiseaux migrateurs squattent allègrement pour notre plus grand plaisir. Arrivés paisiblement sur les lieux, quelle ne fût pas notre surprise de voir des cars entiers de touristes remplir peu à peu la place. En attendant la pirogue ce fût une véritable foule qui se massait sur les pontons et alentours. Pendant ce temps, une famille de phacochères faisait tranquillement sa vie non loin de cette concentration touristique.

 

 

En compagnie de Babacar, notre guide, d'un couple d'italiens et de notre nouvelle amie espagnole Lorena, nous avons eu la chance d'observer des milliers d'oiseaux: hérons pourpres et gris, canards siffleurs, oiseaux serpents et surtout pélicans... Près de 3 millions d'oiseaux transitent par le parc chaque année et y sont dénombrés plus de 400 espèces, c'est vous dire!

 

 

Nous y avons aussi croisé un crocodile et des varans, mais de loin...

 

 

Super journée, clôturée par un bon thieboudien offert par Babacar. Retour vers 17h pour rejoindre notre nouveau campement sur la langue de Barbarie (péninsule située entre le fleuve et l'océan: à nous la plage et la bronzette!).

 

 

Et là ô surprise, nous croisons des amis de Christelle: Sébastien et Gaëlle, partis en voyage autour du monde pour une durée de 3 ans (les veinards)! On est restées clouées sur place de s'être rencontrés ici, décidément le monde est vraiment petit! C’était génial !

 

 

 

 

Installées dans des paillotes au bord de la plage,  les 4 jours qui ont suivis ont été d'une tranquillité très reposante. Programme: balades sur St Louis et son village de pêcheurs très vivant où la réalité et les conditions de vie restent néanmoins très difficiles ( un quartier nommé guet n’dar :les pirogues rentrent de la pêche tandis que les femmes font sécher les poissons et les enfants jouent dans la rue …) , promenades (et quelques brèves baignades) sur la plage, discussions riches et intéressantes avec nos amis fraîchement rencontrés: Lorena travaillant pour la FAO, Nice Cool engagé dans une asso investie auprès des enfants des rues (la même que celle de Claude Michel), Abdoul et Ali Baba artisans et vendeurs de souvenirs, Banda artiste peintre, Zale gérant du campement, Babacar guide à tout faire, Sébastien et Gaëlle voyageurs de très longue durée, Stephan et Maïk nos voisins de paillotes allemands...

 

 

On vous laisse imaginer la diversité, la richesse et la longueur de nos discussions avec tout ce petit monde!

 

 

Le voyage est une clé réellement extraordinaire pour faciliter et provoquer des rencontres de tout horizons...Quelle richesse !!! Merci à tous pour ces moments échangés, drôles et enrichissants. Bonne route à vous tous et à bientôt au prochain croisement.

 

 

            Les soirées furent rythmées au son des percussions et des chants de Nice Cool, Abdoul, Ali Baba et leurs amis. Christelle en profita donc pour prendre des cours de djembé avec Ali Baba pendant que Marie était clouée au lit par un petit coup de froid (sans doute causé par une baignade nocturne)...

 

 

 

 

Vendredi 17 février

 

 

 

 

Levées pas trop tôt (car Marie a besoin de repos...), dernier petit tour sur la plage, des aux revoirs et non des adieux, comme d'habitude, à tous nos nouveaux amis, et en route pour la gare routière.

 

 

Vers 14h nous montons dans un "7 places" après avoir négocié avec les rabatteurs le prix des places et des bagages (de retour en France nous tenterons de négocier avec la SNCF, si ça marche ce serait génial!).

 

 

3h30 nous séparait de Thiès, ce fût rapide et suffisant pour écrire nos nombreuses cartes postales.

 

 

Beaucoup de baobabs, de véritables forêts parfois, donnaient au paysage un air extra-terrestre, tant ils sont impressionnants et inhabituels pour nous. Selon la légende de nombreuses ethnies, le baobab aurait déplu à une divinité qui l'aurait alors déraciné et replanté à l'envers, d'où ses branches semblables à des racines.

 

 

Vers 17h30, arrivées à Thiès, 2ème plus grande ville du Sénégal située à 70 Km de Dakar, nous sommes accueillies chaleureusement par les enfants de Demba, famille avec laquelle nous passerons quelques jours très agréables.

 

 

Zale et Isa, vous avez un grand bonjour et de grosses bises de toute la famille. Nous avons pu rencontrer Sokhna, mère de Zale et de Demba, ayant participé au projet de Paroles d'ailleurs.

 

 

Elle fût très heureuse d'avoir des nouvelles de vous et un retour du projet "Mes grands parents racontent...".L'exposition a beaucoup plu à toute la famille et ce fût un moment d'échange et de questions sur les coutumes du Maroc, de la Mauritanie et du Mali.

 

 

Elle vous félicite, ainsi que nous d'ailleurs, pour la future publication du livre! On a oublié de vous l’annoncer, mais une co-édition avec le GRAD (Groupe de Réalisations et d’animations pour le Développement) va bientôt se faire.

 

 

Encore bravo les filles, votre persévérance et rigueur au travail portent leurs fruits! Vive la solidarité internationale! Et que l'éducation au développement continue pour un monde meilleur...

 

 

 

 

Revenons à nos moutons.

 

 

 

 

Ce fût également pour nous l'occasion de connaître toute la famille de Zale, et les petits qui viennent d'arriver, ils sont super!

 

 

Thiès est une ville vivante avec également un marché varié et riche en couleur et animation. En compagnie de Pape et Daoud, nos petits guides amis (encore merci à vous 2!), nous avons pu visiter les différents points d'intérêts de Thiès: musée, marché et village artisanal (merci à toi Khadim, j'espère que nous aurons l'occasion de parler plus longuement la prochaine fois, on te souhaite bonne chance pour tes projets). Mais ils ont aussi d'autres cordes à leurs arcs: ce sont, avec Fatma la soeur de Pape, des joueurs de carte invétérés! Nous avons partagé de parties de belote, de trou du cul et de bataille Corse endiablées!

 

 

Merci encore à tous pour votre accueil et votre hospitalité, c'est promis la prochaine fois nous resterons plus longtemps!

 

 

Il est l'heure de partir, après un repas encore une fois excellent et des aux revoirs à toute la famille Diouf, nous voilà de nouveau à la gare routière à négocier le voyage en mini bus pour rejoindre Dakar.

 

 

En route pour la capitale !!

 

 

 

 

 

Arrivées à Dakar dimanche 19 février vers 20h, vive les embouteillages ! On avait presque oublié ce que c’était…

 

 

Là une fois de plus, nous sommes accueillies à bras ouvert par une amie d’amis de Christelle (Merci encore Alain et Magali de nous avoir mis en contact !). Christine est une volontaire travaillant dans le domaine de l’économie sociale et solidaire. Installée ici depuis 6 mois, elle est sur le départ ; nous avons donc eu beaucoup de chance de nous croiser. Elle a énormément voyagé, c’est une routarde dans l’âme et très engagée dans la solidarité internationale, donc nous vous laissons une fois de plus imaginer les récits et échanges que nous avons pu avoir. Ces moments partagés ne font qu’aiguiser et augmenter notre avidité de découvrir le monde et d’envisager de repartir dans d’autres contrées ! Inch’Allah (mais on y croit très fort !). Merci encore à toi Christine de nous accueillir, c’est super sympa !

 

 

Nous restons à Dakar jusqu’à vendredi après midi où nous prendrons le bateau pour la Casamance. Jusqu’ici, nous avons peu profité de la ville, compte tenu du nombre de démarches administratives dont nous nous sommes acquittées : banque, visa pour le Mali, achat des billets et bien sûr, la lessive hebdomadaire, et notre rendez vous avec vous sur le blog. Néanmoins, on peut déjà vous dire que c’est une très grande capitale (3 millions d’habitants avec son agglomération) située sur la presqu’île du Cap Vert. Ses corniches sont ravissantes et ses marchés très vivants.

 

 

Nous passons des soirées riches en discussions avec Christine et un ami, Alpha,  lui même dans le domaine de l'audiovisuel, au service de la solidarité internationale et c’est bien. On a aussi profité de l’abondance des produits d’importation pour se faire quelques plaisirs… Saucisson-fromage. Quel bonheur !

 

 

Programme en prévision des jours à venir : visite de l’île de Gorée, des marchés, du musée IFAN et ballades dans la ville.

 

 

 

 

Départ Vendredi pour la Casamance pour une petite semaine avant de rejoindre le Mali début mars (dernière destination à notre grand désespoir). Nous avons trouvé un rythme de croisière qui nous convient parfaitement et qui aurait pu durer encore quelques mois… On a du mal à croire que dans un mois l’aventure africaine prend fin. Notre billet retour est prévu pour le 29 mars de Bamako en direction de Paris. Mais l’aventure continuera en France et avec vous !

 

 

 

 

On vous embrasse tous très fort en vous souhaitant tout le bonheur du monde ! A très bientôt depuis la Casamance (ça a l’air génial)

 

 

 

 

On a réactualisé l’album photo du Sénégal, on espère qu’il vous plaira

 

 

 

 

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Encore des gros bisous, félicitation pour votre patience de prendre autant de temps pour nous lire…

 

 

 

 

Christelle et Marie

 

 

 

 

           

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