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Texte libre

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nouveau numéro du Mali auquel vous pouvez nous joindre: 00 223 692 98 11

 

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16 mars 2006 4 16 /03 /mars /2006 00:08

Salut salut !

 

 

 

On vous écrit depuis le Mali et selon l’heure à laquelle vous lirez cet article il existe plusieurs (cinq en tout) salutations en Bambara, la langue nationale ; vous comprendrez qu’on ne se lance pas dans plus de détails.

On est actuellement à Kita, petite ville du centre-ouest du Mali. On s’y fait doucement mais la chaleur reste torride. On espère que vous allez tous bien et merci encore et toujours pour vos nouvelles !

 

 

 

Dans le dernier courrier nous vous avions laissés en suspend sur le quai de la gare maritime de Dakar. Il est 19h, on est le vendredi 24 février, et on s’apprête à partir pour le grenier du Sénégal, la Casamance. RAS pour la traversée, qui dura 16h avant de rejoindre la capitale de cette région, Ziguinchor. Après un pas si long que ça trajet en mer, nous avons pénétré dans le fleuve Gambie, dont nous pouvions apercevoir les rives qui laissent déjà transparaître une végétation luxuriante et une faune variée. Pour preuve, Christelle a eu la chance d’apercevoir des dauphins.

 

 

 

Arrivées vers 11h le lendemain matin, un comité d’accueil endiablé nous attend. C’était pas nous les stars, mais le conseiller du président… Tant pis, on en à bien profiter quand même : des troupes de femmes revêtues de leur plus beau boubou tapant sur des bouts de bois, des groupes de musique et de danse traditionnelles, et même une fanfare bretonne, « l’usine à canards », présente sur le bateau, qui s’est mise à jouer avec eux.

 

 

 

Abdoulaye, le petit frère d’Issaga, notre amie de promotion, est venu nous chercher pour rejoindre leur famille à Bignona. C’est une petite ville située au nord de Zig (pour Ziguinchor et non pour toi poulette ! à bientôt à Bagas). La route qui les sépare est bordée de labyrinthes de bolongs (espaces de mangroves du fleuve Gambie). Des arbres comme vous n’en avez jamais vu, hauts comme des immeubles à plusieurs étages, avec une circonférence impressionnante : manguiers, baobabs, caïlcédrats, palmiers, fromagers, etc.…) contrastent avec la maigre flore rencontrée dans toute la région du Sahel (zone quasi désertique).

En clair, on a bien fait de venir jusqu’en Casamance !

 

 

 

Toute la famille d’Abdoulaye nous accueillies très chaleureusement (ils te font tous de grosses bises Issaga !). Une fois de plus, nous avons eu la chance et le privilège de vivre des moments en famille très riches en échanges culturels et en chaleur humaine. L’après midi, une fois installées et rassasiés, nous sommes retournées à Zig pour assister à un tournoi de lutte traditionnelle. C’est un moment riche en animation où tout le monde s’est donné rendez-vous : chants et danses de femmes, vendeurs ambulants de toutes sortes (huuum ! les petites poches de glace à la mangue…), manifestations de jeunes en faveur de la paix en Casamance…  Tout ça sans oublier, les défilés des lutteurs super baraqués. Les préliminaires n’en finissent pas et occupent les 2 tiers de l’après midi, voire son intégralité, tant la durée du combat est infime parfois.

Revêtus de toutes sortes de gri-gri et s’aspergeant de décoctions aux plantes traditionnelles, ils s’affrontent à mains nues pour faire chuter l’adversaire par tous les moyens (les coups sont permis !).  Un joyeux folklore que nous vous conseillons, car c’est vraiment un moment passé au cœur de leur richesse culturelle (et parce que les lutteurs valent le coup d’œil !).

 

 

 

Le dimanche soir, nous quittons Abdoulaye et sa famille pour quelques jours et partons pour Oussouye et Cap Skiring en basse Casamance. Le trajet fût bref mais intense : on a été secoué comme des pruneaux pendant 3h grâce à des routes qui ne le sont que de nom, « parcours de tôle ondulée » conviendrait mieux…

 

 

 

Nous nous installons dans un petit campement sympathique donnant sur des rizières et entouré d’une végétation spectaculaire. Une petite gazelle, bière du Sénégal, un hamac, et tout va mieux !

Un petit havre de paix, que nous avons donc squatté pendant 3 jours, et qui fût propice à des rencontres aussi riches que chaleureuses. Moustapha, jeune guide local initié selon les traditions diolas, nous a fait découvrir et partager toute la richesse de sa culture et ses connaissances sur la faune et flore de la Casamance. Après la rencontre de l’ethnie Peul dans la région du fouta, de l’ethnie Wolof dans l’ouest du pays, nous découvrons les diolas, peuple dont les activités, us, coutumes et religion diffèrent énormément. Nous voici en milieu animiste, dont les croyances et fétichismes sont très forts ! C’est pour vous dire, nous avons même rencontré le roi d’Oussouye ! Moment très cérémonial : il assure un rôle de régulation et de médiation au sein de son peuple.

 

 

 

Le très charismatique Moustapha nous a donc captivées et bercées par les récits de l’histoire et des traditions de son peuple, tout en se baladant dans la forêt presque vierge de cette région magnifique. Si vous voulez aussi être transportés par ses paroles, lors de votre passage –- conseillé— à Oussouye, vous pouvez le joindre auparavant à cette adresse : ryteua@yahoo.fr  ou au campement Emanaye.

Nous avons également rencontré un petit groupe de l’association toulousaine « Occitanie Casamance » dont l’objectif est d’appuyer le développement de l’éducation de cette partie du Sénégal. (Vous pouvez trouver leur site en tapant Occitanie Casamance sur google).

En leur compagnie nous avons pu visiter une école et assister à un cours magistral de mathématiques. Revenir sur les bancs de l’école fût intéressant, surtout dans un environnement très différent du notre. Nous prenons conscience à quel point leurs conditions d’éducation restent très difficiles. Bonne continuation et bon courage à vous tous, « Occitanie Casamance » et partenaires locaux, pour gravir les échelons du développement de l’éducation, base fondamentale  du développement global de la Casamance, ou de tout système d’ailleurs.

Votre curiosité et votre humanisme font de vous une équipe joyeuse qui a tout pour réussir cette collaboration et ce challenge ! Merci pour les bons moment passés avec vous (merci spécial de Marie à Claudie, sa nouvelle « famille » ;) , et à Pascal, pour le partage de la découverte d’une partie du ciel austral !) et à bientôt sur Toulouse ou ailleurs !

 

 

 

            Mercredi 1er mars, tous ensemble, nous partons pour le Cap Skirring, petite ville située en bordure de l’océan Atlantique dont les plages sont parmi les plus belles d’Afrique de l’Ouest (et parmi les plus touristiques donc). Après un dernier plouf, nous disons au revoir à l’océan et à nos amis.

Merci encore à toi, Moustapha, pour ces échanges, bonne chance pour la suite de tes projets, et c’est sûr ça va marcher !

 

 

 

Direction Bignona pour rejoindre notre famille d’accueil. De là, nous avons pu faire la connaissance d’Alamine, guérisseur traditionnel. En vue de réaliser un petit travail de recherche portant sur la médecine traditionnelle pour Afric Impact (lien à droite du blog), il a pu nous faire visiter une partie de la forêt en nous expliquant les vertus thérapeutiques de certains arbres et plantes. Nous entrons dans une nouvelle dimension culturelle très différente de la notre ; la médecine traditionnelle prime sur la médecine moderne. Nous comprenons vite qu’il existe beaucoup de tradipatriciens à Bignona et que beaucoup de familles ont un savoir spécifique dans ce domaine. Nous avons aussi rencontré une association de tradipraticiens travaillant en étroite collaboration avec l’hôpital. Nous sommes bien loin de cette osmose avec la nature, espérons qu’un jour nous y reviendrons…

 

 

 

Le temps de tresser Christelle, de dire à bientôt et un grand merci à toute la famille d’Issaga, nous voici reparties à Zig pour rencontrer un ami de Christine, Jean Do, dont nous vous avons déjà parlé dans l’avant dernier article.

Merci encore à toi pour ces discussions très intéressantes et le gîte d’une nuit. Soit le bienvenu à ton tour sur Bordeaux au mois d’août.

 

 

 

Samedi 4 mars

 

 

 

 

 

Levé 5h pour une séance « gare routière », à savoir attente du remplissage du taxi. Arrivées avant le levé du soleil, nous avons donc pu assister à la « mise en branle » des nombreuses activités de la gare : les vendeurs de tickets s’installent, les marchants ambulants et polyvalent s’affairent, les gargottes se remplissent de passagers prenant leur petit déjeuner avant le départ (nous y compris). Départ 8h, arrivée 16h30, nous voici à Tambacounda, ville du Sénégal oriental : région chaude et sans relief avec un paysage de savane : buissons et forêt de baobabs (très difficile à prendre en photo en voiture, désolée maman !).  En période sèche c’est une végétation très aride qui s’offrait à nous.

 

 

 

Arrivées à la gare ferroviaire de « Tamba »,  pas de train express aujourd’hui, ni demain, ni après demain, mais mardi, mais avec un taux de probabilité de passage bien trop faible pour le temps qu’il nous reste a passer en Afrique. Donc pas de train, ce ne sera que partie remise une prochaine fois. Coincées à Tamba, le fruit du hasard nous démontre une fois de plus sa force extraordinaire : Seb et Gaëlle, nos amis routards du tour du globe, croisent notre route. D’ailleurs vous pouvez suivre leur aventure sur www.tourduglobe.org 

Dimanche tranquille, un peu d’Internet et un bon bain dans la piscine ! Nous décidons le soir même de partir tous les 4 pour faire un bout de route jusqu'à Kita.

 

 

 

Lundi 6 mars (bon anniversaire Seb ! désolée de ne pas avoir appelé mais on était sur la route toute la journée)

 

 

 

            Après une interminable attente à la banque et une rencontre fort sympathique : Emmanuel, suisse à vélo pour 4 mois en Afrique de l’Ouest (bonne chance à toi, profites bien de la Casamance !), nous partons pour Kayes en taxi brousse. Croyez-nous si vous voulez, mais pour une fois le fond musical n’était pas Youssou’n’Dour, mais ACDC ! Ambiance décalée et rigolote ! RDV là bas avec Seb et Gaëlle à l’auberge la moins chère (qui s’est révélée être un hôtel de passe… Chaleuuur).

Notre entrée au Mali se fit sans difficulté, excepté la chaleur… Bonjour le Mali, à bientôt le Sénégal !

 

 

 

            Sans transition, nous espérons vous avoir, à travers nos récits, susciter l’envie de voyager au Sénégal ! Par la diversité et la richesse de ses paysages mais aussi de ses Hommes, il constitue un pays extraordinaire et très attachant…

            Merci à tous ceux qui nous ont accueillies en son sein, pour tous les bons moments passés ensemble, et merci de nous avoir permis de découvrir et de comprendre « ce qu’il y a derrière les photos » (petit clin d’œil à Amadou Nice Cool et tous ses amis)

            Merci également à tous les routards, avec qui nos chemins se sont croisés, pour les discussions riches et variées. Bonne route et rendez-vous au prochain croisement.

 

 

 

Mardi 7 mars

 

 

 

 

            Avant de rejoindre Kita, nous visitons les rapides du Félou et les chutes de Gouina. Pour accéder à ces sites magiques, il faut le mériter. En effet, les pistes n’ont pas de qualificatifs adaptés tant elles sont accidentées, voire impraticables. Un défi pour le conducteur, un calvaire pour les passagers (surtout pour Marie, calée dans l’arrière du 4x4 et à la merci de tout ce qui pouvait lui tomber sur la g.). Mais la bonne humeur et le passage dans de nombreux petits villages aussi splendides les uns que les autres (l’édification des cases est très différente de ce que nous avons vu jusqu’à présent : elles sont rondes, enduites de terre, parfois surélevées par des cailloux, et le toit en paille), nous ont permis de garder la foi et de réussir notre challenge. Les photos parlent d’elles même, ce sont des endroits aussi magnifiques que paisibles, dans lesquels il fût agréable de se baigner.

 

 

 

            Une nuit à la belle étoile et un réveil dans la poussière, nous prenons la route le lendemain pour Kita. 10h de 4x4 sous la chaleur, dans la poussière, avec des pauses fanta cocktail (il n’y en a souvent plus, on se rabat sur le coca…) ont « suffit » ( !) pour atteindre notre destination. Arrivée trop tardive pour rejoindre notre famille contact, nous passons une nuit bien méritée dans une petite auberge ventilée. Quel bonheur !

 

 

 

Jeudi 9 mars

 

 

 

 

 

            Nous faisons la connaissance de Mamadou Coulibaly, notre contact, avec qui nous passerons 6 jours au sein de sa famille. Une fois de plus, nous sommes accueillies à bras ouvert et commençons notre apprentissage en bambara. Nous profitons de l’après midi pour visiter la ville, faire quelques achats de tissus et partager des parties de baby-foot déchaînées.

 C’est une petite cité d’environ 5000 habitants dont les rues sont en sables et est entourée de collines (dont nous ferons la visite plus tard, un brouillard de poussière recouvre le ciel depuis 3 jours…). Elle semble paisible et agréable à vivre. Beaucoup d’artisans travaillent à même la rue : menuisiers (comme Mamadou), forgerons, mécanos, tailleurs…

            Nous sommes à nouveau dans une famille composée d’environ une dizaine de personnes, logées dans une grande maison avec plusieurs bâtiments  dont la cour centrale est l’espace de vie principal. Chacun s’active à ses occupations dans une atmosphère harmonieuse.

 

 

 

            Côté projet nous rencontrerons demain le grand père Djélimory, puis nous essayerons de réaliser une expo auprès d’une école de Kita.

 

 

 

            Seb et Gaëlle sont partis pour Bamako hier, RDV Inch’Allah au pays Dogon ! Merci encore pour ce brin de route qui fût très agréable, et continuez dans cette direction, vous êtes sur la bonne voie pour réaliser un tour du Monde inoubliable.

           

Nous vous écrirons la prochaine fois depuis Bamako, capitale dans laquelle nous passerons 2-3 jours avant de rejoindre le pays Dogon, région au nord du Mali où nous rencontrerons « notre dernière famille » (snif… snif…).

 

 

 

            D’ici là on vous embrasse fort, prenez soin de vous.

On vous souhaite bien des choses, et entre autre… Tout le bonheur du monde !

A bientôt pour de nouvelles aventures !

 

 

 

C & M

 

 

 

PS : petit bonheur du quotidien, nous avons retrouvé Munica Brava (la série brésilienne à deux francs (CFA), et vous savez quoi ? Milagro est retombée amoureuse d’Yvo !)

 

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